Cameroun dans le top 20 mondial du VIH : que disent vraiment les chiffres ?
510 000 cas au Cameroun contre environ 52 000 personnes au Gabon vivent avec le VIH. Le Gabon affiche un taux de prévalence national estimé à 3,6 % dans la population générale. À l'échelle mondiale, le Gabon se classe parmi les pays avec une prévalence mo
A contrario, le Cameroun figure parmi les 20 pays comptant le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde, avec environ 510 000 cas estimés. Ce classement, souvent relayé sur les réseaux sociaux, mérite d’être nuancé et replacé dans son contexte épidémiologique réel.
Un fardeau lourd, mais à interpréter avec prudence : Selon les dernières données nationales (enquête CAMPHIA 2024‑2025), on estime à 501 000–510 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH au Cameroun, soit une prévalence nationale d’environ 2,6% chez les 15‑49 ans, et 3,0% chez les adultes de 15 ans et plus. Ces chiffres placent effectivement le Cameroun dans le groupe des pays africains les plus touchés en valeur absolue, mais loin derrière des géants comme l’Afrique du Sud (7,8 millions) ou le Mozambique (2,5 millions). Par ailleurs, l’épidémie est très inégale selon les régions : la prévalence atteint 5,6% dans le Nord‑Ouest, 5,3% dans le Centre (hors Yaoundé) et 4,8% dans le Sud, contre seulement 1,5% dans l’Extrême‑Nord. Cela signifie que la situation n’est pas homogène sur tout le territoire et que les efforts doivent être ciblés géographiquement.
Les femmes et les jeunes, populations les plus vulnérables : Les données confirment que les femmes restent les plus exposées : la prévalence est de 3,6% chez les femmes contre 1,6% chez les hommes, et près de trois nouvelles infections sur quatre les concernent. Les adolescentes et les jeunes femmes constituent donc un groupe prioritaire pour la prévention, le dépistage et l’accès au traitement antirétroviral.
Un classement à relativiser, mais un signal d’alerte : Si le Cameroun apparaît au 16ᵉ rang mondial en nombre de cas, ce classement ne tient pas compte de la taille de la population ni de la prévalence relative. Des pays comme le Botswana ou l’Afrique du Sud ont des taux bien plus élevés en proportion. Toutefois, ce positionnement reste un signal d’alerte qui doit encourager un renforcement des politiques de prévention, de dépistage volontaire et de prise en charge, surtout dans les régions les plus touchées.
En tant que médecin, il est crucial de rappeler que le VIH n’est plus une fatalité : avec un dépistage précoce et un traitement antirétroviral bien suivi, les personnes vivant avec le VIH peuvent vivre longtemps et en bonne santé, tout en réduisant considérablement le risque de transmission. La lutte contre le VIH au Cameroun passe donc par une mobilisation collective, une information fiable et une prise en charge accessible pour tous.
