Maire contre gendarme : la République n'a pas de chef, elle a des règles
Non, le maire n'est pas "au-dessus" du gendarme. Et le gendarme n'est pas au-dessus du maire.
C ette idée d'un classement entre uniformes et écharpes tricolores est fausse et dangereuse.
Le droit est très clair : le maire gère la commune et sa police municipale. Le gendarme, lui, fait respecter la loi pour le compte de l'État et de la justice. Ce sont deux métiers différents, avec deux chefs différents. Personne n'a à donner d'ordres à l'autre sur un trottoir.
Quand un différend oppose deux représentants de l'État, il ne se règle pas en public, à coups d'humiliation filmée. Il existe des règles : un rapport au préfet, une procédure disciplinaire, un juge.
En choisissant le spectacle plutôt que la procédure, les deux camps envoient le même message désastreux aux citoyens : ceux qui doivent incarner la loi ne la respectent pas eux-mêmes.
Le problème n'est pas de savoir qui est le plus fort. Le problème est de savoir si ceux qui nous dirigent sont formés pour diriger. Être élu ne suffit pas. Encore faut-il connaître le droit, le devoir de réserve et le sens de l'État.
Une République forte n'est pas celle où ses agents crient le plus fort. C'est celle où chacun reste à sa place.
