Gabon-France : Oligui Nguema et Macron actent un double pacte Energie-Industrie à Paris
Accords de Paris : EDF et Eramet au cœur du nouveau deal souverain du Gabon
L e Gabon et la France scellent deux accords stratégiques sur l'énergie et le manganèse
La visite d'État du Président Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris, reçue par le Président Emmanuel Macron, consacre une nouvelle phase du partenariat franco-gabonais, passée du discours au contrat. Deux protocoles structurants ont été actés en présence des deux chefs d'État. Ils traduisent la doctrine de Libreville : souveraineté énergétique pour souveraineté industrielle.
1. Énergie : Le barrage de Booué, projet phare de 400 MW sécurisé Le premier accord porte sur le projet hydroélectrique de Booué, l'un des plus ambitieux chantiers énergétiques d'Afrique centrale. Signé entre EDF Power Solutions et Gabon Power Company (GPC), avec l'appui de la Société Financière Internationale (IFC), le protocole d'engagement avait été préfiguré le 19 juin 2026 à l'Africa Energy Forum du Cap. Il est aujourd'hui officialisé au sommet. Porté par Gabon Power Company en partenariat avec EDF et la Banque mondiale, ce barrage de près de 400 MW vise à alimenter Libreville et les pôles miniers et industriels. Pour Libreville, qui s'engage à garantir l'accès à l'énergie, c'est le préalable indispensable à toute industrialisation locale.
2. Manganèse : Inflexion historique sur la transformation locale Le second protocole, avec le groupe Eramet et sa filiale Comilog, est le plus politique. Le 17 juillet à Oyem, le Président Oligui Nguema avait déjà obtenu de Paulo Castellari, DG d'Eramet, un engagement portant sur la transformation au Gabon de 2 millions de tonnes de manganèse, une rencontre qui a marqué un tournant dans la stratégie nationale. L'accord paraphé à Paris ce 20 juillet en fixe la feuille de route opérationnelle que vous évoquez : étude de 3 scénarios industriels jusqu'à 700 000 tonnes/an dès 2031 selon votre protocole, création d'un fonds « Fabriqué au Gabon » et d'une filière biocharbon à Lastourville, avec un comité de suivi bipartite État-Comilog-Eramet. L'objectif est clair : capter la valeur ajoutée sur le sol gabonais, créer jusqu'à 3 000 emplois industriels directs et mettre fin au modèle d'exportation brute du minerai.
Lecture stratégique : Ces deux accords sont liés. Sans les 400 MW de Booué, pas de transformation locale du manganèse compétitive. Sans transformation locale, pas de rentabilité pour le barrage.
Libreville obtient ce qu'il réclamait depuis 30 ans : l'entrée dans le capital stratégique et l'industrialisation sur place. Paris sécurise sa présence sur deux chaînes de valeur critiques pour la transition énergétique : l'électricité décarbonée et les métaux stratégiques.
