Manganèse : Libreville et Eramet proches d’un accord sur la transformation locale
Libreville et le groupe Eramet seraient sur le point de conclure un accord autour du traitement local du manganèse, après plusieurs mois de discussions, selon africaintelligence. Cette évolution marquerait une étape importante dans la stratégie du Gabon v
U n tournant industriel attendu : Le dossier du manganèse occupe une place centrale dans l’économie gabonaise, le pays figurant parmi les principaux producteurs mondiaux de ce minerai stratégique. L’objectif des autorités serait de ne plus se limiter à l’exportation de la matière brute, mais d’encourager une transformation locale plus poussée, synonyme d’emplois, de transfert de compétences et de recettes accrues pour l’économie. Dans ce cadre, un accord avec Eramet serait perçu comme un levier industriel et symbolique.
Des discussions axées sur la valeur ajoutée locale : Selon les éléments rapportés par africaintelligence, les négociations porteraient sur les modalités d’un traitement local du manganèse, avec des engagements attendus en matière d’investissement, d’infrastructures et de montée en gamme de la chaîne de valeur. Pour l’État gabonais, l’enjeu consiste à obtenir des garanties concrètes sur l’ancrage local des activités industrielles, afin que l’exploitation minière profite davantage au tissu économique national. Pour Eramet, un tel accord permettrait de sécuriser son positionnement de long terme dans le pays tout en répondant aux nouvelles exigences de contenu local et de transformation sur place. Le groupe chercherait ainsi à maintenir un équilibre entre rentabilité industrielle, stabilité contractuelle et attentes des autorités gabonaises.
Un signal pour la politique minière gabonaise : Au-delà du seul manganèse, un éventuel accord enverrait un message clair sur l’orientation de la politique minière du Gabon : privilégier la transformation locale des ressources plutôt que l’exportation brute. Cette ligne correspond à une ambition plus large de souveraineté économique, de diversification productive et d’industrialisation progressive du pays. Si l’accord venait à être officialisé, il pourrait aussi servir de référence pour d’autres partenariats miniers à venir, en fixant un cadre plus exigeant sur la valorisation locale. Dans un contexte où les États africains cherchent à mieux rentabiliser leurs ressources naturelles, le cas gabonais pourrait devenir un exemple de renégociation orientée vers davantage de contenu industriel.
Enjeu économique et politique : Un accord de cette nature ne relèverait pas seulement de la technique industrielle. Il aurait aussi une portée politique, car il traduirait la volonté de l’État gabonais de peser davantage dans la définition du modèle d’exploitation de ses richesses minières. Pour l’opinion publique, la transformation locale du manganèse est souvent associée à l’idée d’une meilleure redistribution des bénéfices de l’exploitation.
Reste à connaître les contours exacts du compromis final, notamment sur les volumes concernés, le calendrier de mise en œuvre et les investissements associés. Mais si les discussions aboutissent, Libreville et Eramet pourraient ouvrir une nouvelle phase dans la gouvernance minière du Gabon.
