Marché financier régional : trois sociétés gabonaises en pré-introduction à la BVMAC avec l’appui stratégique de la BAD
La dynamique de développement du marché financier de la CEMAC franchit une nouvelle étape avec la sélection de quatre entreprises au programme d’accompagnement à la cotation piloté par l’UGRIF, dont trois issues du Gabon : Samb’a Assurances, Gabon Power C
C e dispositif, soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) en partenariat avec la BEAC, la BVMAC et la COSUMAF, vise à lever l’un des principaux obstacles à l’entrée en Bourse : le coût d’accès au marché. En pratique, les dépenses liées à l’introduction — incluant les audits financiers, les diligences réglementaires, ainsi que les frais de visa et d’admission — peuvent représenter entre 300 et 800 millions de FCFA pour une PME ou une entreprise intermédiaire. Le programme prend en charge une part significative de ces coûts, réduisant ainsi la barrière financière à la cotation.
Au-delà du soutien technique, cette initiative répond à un objectif structurel : élargir la profondeur et la liquidité du marché financier régional, dont la capitalisation reste encore concentrée sur un nombre limité d’acteurs, majoritairement bancaires et parapublics. L’introduction annoncée de ces trois entreprises gabonaises contribue à une diversification sectorielle stratégique, avec des segments à fort potentiel de croissance :
La micro-assurance digitale, portée par Samb’a Assurances, s’inscrit dans une logique d’inclusion financière, dans une zone où le taux de pénétration de l’assurance demeure inférieur à 2% du PIB. Le secteur énergétique, avec GPC, répond aux besoins structurels en infrastructures électriques dans la sous-région, où le déficit de production reste un frein à l’industrialisation. L’aménagement urbain, via FMCT, s’aligne sur les enjeux d’urbanisation rapide, alors que plus de 60% de la population de la CEMAC vit désormais en zone urbaine.
Pour les autorités de marché, cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de dynamisation de la BVMAC, dont le volume annuel des transactions reste encore modeste (inférieur à 200 milliards de FCFA), comparativement aux standards des marchés africains émergents. L’arrivée de nouveaux émetteurs devrait ainsi améliorer la liquidité, diversifier les instruments financiers et attirer une base d’investisseurs plus large.
Les entreprises retenues entrent désormais dans une phase décisive, marquée par la finalisation de leur gouvernance, la mise à niveau de leurs états financiers aux normes exigées, et l’obtention du visa de la COSUMAF. Leur introduction effective dépendra de leur capacité à satisfaire ces exigences, condition essentielle pour instaurer la confiance des investisseurs.
À terme, cette opération illustre une volonté claire : faire du marché financier régional un levier crédible de financement des économies de la CEMAC, en complément du système bancaire traditionnel.
