Recensement 2025 au Gabon : Des résultats provisoires contrastés poussent Oligui Nguema à cibler les vulnérabilités
Libreville, 9 juillet 2026 Le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu hier les résultats provisoires du 4e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4). Face aux premières tendances, il a immédiatement ordonné le
L es principales évolutions révélées : 1. Accélération urbaine : Plus de 89% des Gabonais vivent désormais en zone urbaine, contre 87% en 2013. Libreville, Port-Gentil et Franceville concentrent l’essentiel de la croissance. 2. Transition démographique lente : La population dépasse les 2,5 millions d’habitants, mais le taux de fécondité recule légèrement à 3,4 enfants par femme. La part des moins de 15 ans reste élevée à 38%, maintenant une forte pression sur l’éducation et l’emploi des jeunes. 3. Déséquilibres territoriaux : L’exode rural se confirme dans les provinces du Haut-Ogooué et de l’Ogooué-Ivindo, où plusieurs départements enregistrent une stagnation, voire une baisse de population. 4. Conditions de vie : L’accès à l’eau potable et à l’électricité progresse en milieu urbain, mais les données provisoires pointent des poches de précarité persistantes dans les quartiers sous-intégrés et les zones rurales enclavées.
Implications : pourquoi l’enquête sur la vulnérabilité est urgente En ordonnant cette enquête complémentaire, le Chef de l’État vise trois objectifs : • Cibler les politiques publiques : Identifier précisément les ménages en situation de précarité multidimensionnelle – revenus, santé, éducation, logement – pour mieux orienter les transferts sociaux et le futur Revenu minimum de solidarité annoncé. • Anticiper la planification urbaine : La concentration croissante dans le Grand Libreville exige des données fines pour dimensionner les infrastructures : écoles, hôpitaux, transports et assainissement. • Corriger les inégalités territoriales : Les résultats provisoires confirment un Gabon à deux vitesses. L’enquête devra mesurer l’ampleur de la fracture entre provinces pétrolières, zones minières et territoires ruraux délaissés.
Un recensement donne la photographie. L’enquête sur la vulnérabilité donne la radiographie. Sans ce second niveau d’analyse, le risque est de piloter la Vème République à l’aveugle. Les données définitives du RGPH-4, attendues fin 2026, devront être croisées avec cette enquête pour bâtir le nouveau modèle social gabonais.
La publication des chiffres définitifs conditionnera aussi la révision des listes électorales et le découpage administratif avant les échéances de 2027.
