Loi de finances 2027 : Jean Gaspard Ntoutoume Ayi tire la sonnette d’alarme sur l’état "catastrophique" des finances publiques
Lors du Débat d’Orientation Budgétaire, le député a dressé un diagnostic sévère de la situation financière du Gabon, plaidant pour un assainissement des comptes publics, un désendettement rapide et un discours de vérité, tout en réaffirmant son soutien au
À l'occasion du Débat d’Orientation Budgétaire consacré à la préparation de la loi de finances 2027, le député Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a livré un réquisitoire contre la dégradation des finances publiques. Devant le gouvernement, il a qualifié la situation budgétaire de « catastrophique », dénonçant le recours massif à l'emprunt pour équilibrer le budget et le poids croissant du service de la dette. Appelant à un « langage de vérité » et à des réformes courageuses, il a rejeté les solutions de refinancement et de rééchelonnement de la dette, qu'il juge inefficaces à long terme. Malgré ce constat alarmant, l'élu a renouvelé son soutien au président Brice Clotaire Oligui Nguéma, estimant que les compétences et la légitimité politique existent pour engager le redressement du pays.
"Dire que le Gabon est un pays riche est le contraire de la vérité" D’entrée, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a posé le cadre moral de son intervention, évoquant une anecdote personnelle de jeunesse. Marqué par le reproche d’un ami qui avait abandonné ses études, il s’est promis "de toujours dire à mes amis ce que je croyais être la vérité, même si cela doit leur être déplaisant". C’est sur ce ton que le député a qualifié l’état des finances publiques de "catastrophique" et de "situation budgétaire et financière sans précédent". Selon lui, cette crise est l’une des causes ayant justifié les événements du 30 août 2023. Si les "efforts des autorités de la Transition" ont été salués, le député estime qu’ils "n’ont pas suffi au redressement du pays. Loin de là".
Le poids de la dette au cœur du réquisitoire Pour illustrer l’urgence, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi s’est appuyé sur les chiffres de la loi de finances rectificative 2026, votée "il y a quelques jours". Il a souligné que le Gabon devra emprunter "plus de 1.400 milliards de Fcfa", non pas pour financer des investissements, mais "pour équilibrer le budget". Une opération aux conséquences lourdes : "Ce recours à l’emprunt coûtera au pays une charge financière de plus de 1000 milliards de Fcfa, au titre des seuls intérêts qui devront être remboursés au cours des dix prochaines années". Pour rendre la somme plus concrète, le député l’a comparée à "l’équivalent de 1000 km de routes bitumées". Il a également pointé les tensions de trésorerie de l’État, qui devra débourser "près de 100 milliards de Fcfa d’intérêts et autres frais bancaires" en 2026. Un montant qui représente, a-t-il insisté, "deux fois le budget de la Justice et cinq fois celui de l’Assemblée Nationale". Appel au "dépassement" et rejet des "solutions de facilité" Refusant l’idée d’un Gabon intrinsèquement riche, le parlementaire a nuancé : "Notre pays a des ressources, d’énormes ressources. Notre pays a un potentiel humain considérable et de nombreux talents. Mais pour transformer nos ressources en richesses, nous devons inviter notre potentiel humain et nos talents au dépassement, au sacrifice."
L’élu a exhorté le gouvernement à "regarder la réalité en face" et à "consentir les efforts, et même les renoncements nécessaires pour assainir nos finances publiques". Pour lui, cet assainissement est "le préalable à la mise en œuvre de toute stratégie de développement". S’adressant directement au Ministre de l’Économie, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a estimé qu’il est "impératif et urgent de débarrasser notre pays du lourd endettement qui rend impossible toute politique budgétaire". Il a explicitement rejeté "les solutions de facilité que sont le refinancement ou le rééchelonnement", jugeant qu’elles "ont montré leurs limites au Gabon comme ailleurs" et "font la fortune de nos créanciers mais ne sont jamais une solution durable pour notre pays".
Un soutien réaffirmé au Président Oligui Nguéma, un appel à la responsabilité Malgré la sévérité du diagnostic, le député a réaffirmé la légitimité du pouvoir en place. "Nous ne manquons ni de compétences, notre pays en a, ni de légitimité politique, Brice Clotaire Oligui Nguéma a été plébiscité il y à peine un an", a-t-il déclaré. Rappelant que le Président "a été porté à la tête de notre pays avec le soutien effectif de la totalité des forces politiques présentes dans cet hémicycle", il a conclu que "les femmes et les hommes portés aux responsabilités pour réaliser cette ambition pour le Gabon doivent se hisser au niveau des enjeux". Par cette intervention, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi pose ainsi les bases d’un débat budgétaire 2027 lucide, entre impératif de rigueur et attentes sociales toujours fortes.
