Audit de la dette gabonaise : l’heure de vérité exige la transparence totale
Libreville, 2 juin 2026 — Lancé le 2 mai dernier pour 90 jours, l’audit de la dette publique contractée entre 2016 et 2023 touche à sa fin.
D ’ici début août, les Gabonais doivent savoir. Au nom de la redevabilité, nous plaidons : Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs du Gouvernement, publiez l’intégralité des résultats. Pourquoi publier n’est plus une option, mais une obligation 1. 12000 milliards FCFA : l’argent des Gabonais.
Le volume audité dépasse 12000 milliards de francs CFA. Ce ne sont pas des lignes comptables abstraites. Ce sont des écoles non construites, des routes inachevées, des hôpitaux sans lits, des entreprises étranglées par les impayés. Chaque citoyen a le droit de connaître l’usage réel de cet endettement massif accumulé sous l’ère Bongo Ondimba.
2. Séparer la dette utile de la dette détournée L’objectif affiché de cette « opération vérité » est salutaire : distinguer la dette qui a servi au développement de celle qui a nourri la corruption. Mais cette vérité n’aura de valeur que si elle est rendue publique, ligne par ligne. Quels projets structurants n’ont jamais vu le jour malgré les décaissements ? Qui a validé ? Qui a détourné ? Sans noms, sans chiffres, sans preuves accessibles, l’audit restera un exercice interne, pas un acte de refondation.
3. Restaurer la confiance, ici et à l’international Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a voulu envoyer un signal fort aux partenaires et au FMI. Ce signal ne sera crédible que si le rapport final est publié sans filtre. La transparence est la seule monnaie qui redonne de la valeur à la signature du Gabon sur les marchés. Garder le rapport secret, c’est entretenir le soupçon et saborder soi-même l’objectif d’assainissement. Rappel essentiel : le FMI n’est pas le développeur du Gabon Soyons clairs. Le FMI et les partenaires techniques appuient l’audit, mais ils ne construiront pas le Gabon à notre place. Leur rôle s’arrête à l’assistance technique et à la conditionnalité des prêts. Le développement relève d’une vision gabonaise et d’une gouvernance gabonaise. Et une gouvernance efficace commence par rendre des comptes à son peuple, pas seulement aux bailleurs.
Notre plaidoyer : 3 engagements concrets attendus dès août 2026 1. Publication intégrale du rapport : Pas de résumé édulcoré. L’annexe détaillant chaque prêt, chaque projet, chaque écart constaté doit être accessible à la presse, aux chercheurs, à la société civile. 2. Calendrier judiciaire clair : Si des détournements sont avérés, que le gouvernement annonce les poursuites. L’impunité d’hier ne peut financer l’émergence de demain. 3. Débat public au Parlement : Que les députés, représentants du peuple, interrogent la commission d’audit et le ministère des Finances en session retransmise. La dette est l’affaire de tous. Août 2026 : le mois de tous les tests Le compte à rebours des 90 jours s’achève. L’opinion publique, les entreprises locales asphyxiées par les arriérés, la jeunesse qui doute, tous attendent. Publier, c’est prouver que « l’opération vérité » n’était pas un slogan. Ne pas publier, c’est confirmer que l’omerta continue.
Gouverner, c’est choisir. Aujourd’hui, le choix est simple : la lumière ou le soupçon. Pour la crédibilité de l’État, pour la paix sociale, pour l’avenir économique du Gabon, rendez public l’audit de la dette. Le peuple a payé. Le peuple a le droit de savoir.
