Transport aérien : Après Turkish Airlines, Royal Air Maroc envisagerait à son tour de suspendre ses vols sur Libreville
L'aéroport de Libreville perd un partenaire.
L ibreville, 24 mai 2026 – Coup dur pour la connectivité du Gabon. Après l’annonce de Turkish Airlines de quitter la ligne Istanbul-Libreville dès le 15 juin 2026, Royal Air Maroc serait à son tour en train de réévaluer sa desserte de l’Aéroport International Léon Mba. Plusieurs sources du secteur évoquent une suspension prochaine des vols Casablanca-Libreville, dans le cadre d’un recentrage stratégique des compagnies sur les lignes les plus rentables.
Un mouvement qui s’accélère en Afrique centrale Turkish Airlines n’est pas un cas isolé. Le 24 avril 2026, la compagnie a officialisé la suspension de 18 destinations internationales dont 9 en Afrique subsaharienne : Bissau, Freetown, Monrovia, Kinshasa, Libreville, Pointe Noire, Luanda, Lusaka et Juba. Libreville figure explicitement sur la liste. La compagnie parle d’une « pause saisonnière étendue » avec une reprise potentielle à l’hiver 2026-2027 ou au printemps 2027.
Pour le Gabon, le départ de Turkish Airlines met fin à 13 ans de présence. Le vol inaugural vers Libreville avait eu lieu le 1er février 2013. Jusqu’ici, elle était la seule compagnie à proposer une liaison vers Istanbul, avec une courte escale technique à Pointe-Noire. Les raisons invoquées : coûts et perte d’attractivité Si Royal Air Maroc devait confirmer une suspension, les motifs seraient similaires à ceux qui circulent pour Turkish Airlines. Des sources du milieu aéronautique national évoquent « une perte d’attractivité de l’Aéroport de Libreville liée aux surtaxes et autres, mais aussi du coût très élevé du fuel ». Trois facteurs pèsent sur l’ensemble des compagnies qui desservent l’Afrique centrale :
1. La flambée des coûts d’exploitation Le prix du kérosène sur les petits marchés africains reste structurellement plus élevé qu’en Europe ou au Moyen-Orient. À cela s’ajoutent les redevances aéroportuaires et les taxes de survol, jugées dissuasives par plusieurs transporteurs. 2. La faiblesse du trafic point-à-point Libreville est une destination « terminator » ou « triangulaire » pour beaucoup de compagnies long-courriers. Ces montages permettent de mutualiser les coûts, mais dès que le remplissage baisse, la ligne devient déficitaire. Turkish Airlines a retiré plus de 100 départs hebdomadaires de son programme entre mai et octobre 2026.
3. Le recentrage sur les hubs rentables Comme Turkish Airlines, RAM opère depuis Casablanca un hub vers l’Afrique de l’Ouest et du Centre. La compagnie fait face à la concurrence des compagnies du Golfe et à la nécessité de protéger ses marges. Les lignes à faible yield sont les premières sacrifiées lors des arbitrages de réseau. Quelles conséquences pour les passagers gabonais? Le retrait de Turkish Airlines supprime une porte d’entrée majeure vers l’Asie et l’Europe de l’Est via Istanbul. Si RAM suspend à son tour Libreville, les voyageurs ne disposeraient plus que d’Air France, d’Ethiopian Airlines et d’ASKY pour rejoindre les grands hubs internationaux.
Les agences de voyage anticipent déjà une hausse des tarifs sur les correspondances restantes et des temps de trajet allongés. Pour la diaspora et les hommes d’affaires, c’est la fin des alternatives directes vers le Maghreb et la Turquie.
