Industrie minière : Le Gabon amorce sa révolution ferrifère face aux défis de la diversification
La signature de la première convention d’exploitation de fer avec Havilah Mining marque le passage industriel d’un gisement stratégique de 500 millions de tonnes au sud du pays.
L 'industrie minière gabonaise entre de plain-pied dans une ère nouvelle. Le 15 mai 2026, l'État a validé un accord historique avec l'opérateur Havilah Mining Gabon, représenté par son dirigeant Gabriel Kamga, pour l'exploitation du gisement de fer de Milingui, situé dans la province de la Nyanga. Cette signature, paraphée par Sosthène Nguema Nguema, ministre des Mines, et Thierry Minko, ministre de l'Économie, concrétise neuf ans d’explorations géologiques rigoureuses et propulse le pays vers son premier projet ferrifère opérationnel de cette envergure.
Ce projet d'envergure repose sur un potentiel géologique exceptionnel estimé à 500 millions de tonnes de réserves globales exploitables. Pour assurer la rentabilité immédiate et limiter les investissements initiaux en infrastructures lourdes, l'entité public-privé mise sur une stratégie d'extraction ciblée. La capacité de production initiale prévoit le traitement prioritaire de 35 millions de tonnes de minerai à haute teneur, qualifié de Direct Shipping Ore (DSO), une ressource directement exportable dès sa sortie de mine.
Sur le plan macroéconomique, cet élan vers le fer s'inscrit dans la vision de rupture portée par les autorités de la 5e République et le président Brice Clotaire Oligui Nguema. En diversifiant une économie historiquement inféodée aux fluctuations des cours du pétrole, le gouvernement gabonais valorise ses ressources de manière durable. Le projet Milingui démontre aux marchés internationaux et aux investisseurs la maturité institutionnelle du Gabon, désormais capable de transformer des actifs géologiques complexes en filières industrielles concrètes et compétitives.
L'impact social à l'échelle régionale constitue l'autre pilier majeur de cette convention. La province de la Nyanga, au sud du pays, bénéficiera directement d'un dynamisme économique de premier ordre. Les projections techniques tablent sur la création de 530 emplois directs et de plus de 1 000 emplois indirects. Ces opportunités d'insertion professionnelle cibleront en priorité les communautés locales, favorisant ainsi le désenclavement, la formation technique et la valorisation du capital humain régional.
En définitive, le lancement de Milingui redéfinit la cartographie minière de la sous-région d'Afrique centrale. Au-delà des retombées fiscales immédiates, le Gabon pose les fondations d'une industrie lourde pérenne. Cette alliance public-privé illustre une doctrine souveraine forte : ne plus se contenter d'exporter des ressources brutes à faible valeur, mais bâtir méthodiquement un écosystème industriel national générateur de valeur ajoutée pour les générations futures.
