Remaniement en vue : le gouvernement Oligui Nguema mis sous pression du bilan
L’atmosphère devient de plus en plus lourde au sein de l’appareil gouvernemental.
A près le premier anniversaire de la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, Chef de l’État et Chef du gouvernement, les signaux d’un remaniement ministériel de grande ampleur se multiplient.
Un conseil interministériel sous haute tension : Le 12 mai dernier, le Vice-président du gouvernement, Herman Immongault, a convoqué un conseil interministériel « spécial » à la salle habituelle sise au ministère de défense. Ordre du jour unique : poursuite de l’évaluation sans concession des ministres notamment en matière de création d'emplois. Chaque membre du gouvernement avait produit un bilan détaillé de ses 100 premiers jours d’action. L’exercice ne se limitait pas aux réformes engagées ou aux budgets exécutés. Le Vice-président a exigé des chiffres précis sur un indicateur clé : la création d’emplois directs et indirects générés par chaque département ministériel.
L’an 1 comme juge de paix : Ce tour de vis intervient alors que le Chef de l’État vient de boucler sa première année au pouvoir. Depuis le coup de libération du 30 août 2023, Brice Clotaire Oligui Nguema a imposé une doctrine de résultats : « Le temps des discours est terminé, place au bilan. » La pression est d’autant plus forte que plusieurs chantiers majeurs ont été lancés : Cité Émeraude, programme « Un Gabonais, un compteur », réhabilitation des voiries, relance agricole. Le Palais attend désormais que chaque ministre démontre sa contribution concrète à la croissance, à la réduction du chômage et à l’amélioration des conditions de vie.
Quels critères pour rester au gouvernement ? Selon des sources proches de la Vice-présidence, trois critères détermineront le maintien ou non des ministres : 1. Taux d’exécution physique et financière des projets inscrits dans la feuille de route 2025-2026. 2. Impact social mesurable, notamment le nombre d’emplois créés, de jeunes formés ou de PME accompagnées. 3. Capacité à communiquer et à rendre compte auprès des populations, loin de l’administration « hors-sol ». « Personne n’est propriétaire de son portefeuille », a glissé un conseiller. « Le président veut une équipe de combat, pas de gestionnaires. »
Vers un gouvernement resserré et technique ? Dans les couloirs, on évoque déjà un gouvernement resserré, recentré sur les secteurs prioritaires : économie, énergie, éducation, santé, infrastructures. Plusieurs portefeuilles pourraient fusionner pour gagner en cohérence et en rapidité d’exécution. L’objectif affiché par le Chef de l’État est clair : entrer dans l’an 2 avec une équipe « taillée pour les résultats ». Le message aux ministres actuels l’est tout autant : le bilan de l’an 1 sera le seul ticket pour l’an 2.
La publication des évaluations est attendue dans les prochains jours. Elle devrait précéder les arbitrages présidentiels. À Libreville, chaque ministre sait désormais que son avenir se joue à la décimale près.
