Affaire des 7 milliards FCFA par province : la fermeté du Président Oligui
« Prison ferme » pour les détourneurs de fonds publics, Oligui Nguema érige la lutte anti-corruption en test de crédibilité de la 5e République
L ibreville, 6 mai 2026 – C’est une promesse sans ambiguïté. Face aux chantiers à l’arrêt et aux interrogations sur l’utilisation des 7 milliards de FCFA alloués à chaque province, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a haussé le ton : les responsables de détournements de fonds publics s’exposent désormais à la « prison ferme ». Une ligne rouge tracée dans une interview accordée au quotidien L’Union, dont les extraits ont été repris ce 6 mai.
Le chef de l’État sort du registre des annonces. Il confirme que les enquêtes menées sur la gestion des financements provinciaux ont abouti et que leurs conclusions « seront rendues publiques ». Plus décisif : le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions, CTRI, a déjà transmis les dossiers aux juridictions compétentes. Désormais, explique le président, « il appartient aux tribunaux d’apprécier la pertinence des poursuites à engager contre les responsables des manquements constatés ».
La formule d’Oligui Nguema est martelée : « l’argent du contribuable n’est pas négociable ». Depuis le coup d’État du 30 août 2023, le président de la transition a fait de la fin des « éléphants blancs » et des détournements un pilier de la 5e République. La promesse de « prison ferme » vise à rompre avec l’impunité perçue sous l’ancien régime. Le contexte est sensible : en juillet 2024, la visite d’Oligui Nguema à Oyem avait cristallisé la colère des citoyens.
Samedi dernier, Brice Laccruche Alihanga, ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo, a été condamné à 12 ans de prison, dont près de 4 ans ferme, pour détournement de fonds publics, assortis de 100 millions FCFA d’amende et 5 milliards FCFA de dommages et intérêts. Arrêté en 2019 lors de l’opération « Scorpion », il avait déjà purgé près de quatre ans en détention provisoire. Le verdict envoie un signal clair.
Le président lie sa légitimité à des résultats concrets : « la Vᵉ République est celle de l’efficacité, de l’avancement des chantiers et de la concrétisation des projets ». En érigeant l’intégrité financière en « pilier de la 5e république », Oligui Nguema joue sa crédibilité sur un terrain où les Gabonais attendent des sanctions exemplaires et des routes achevées.
