Le Gabon veut faire de l’Iboga un levier de souveraineté culturelle, scientifique et économique
Un projet de décret pour transformer une essence traditionnelle en opportunité d'affaires.
R éuni le 30 avril 2026, le Conseil des ministres a examiné un projet de décret majeur qui entend mieux encadrer la recherche, la transformation et la commercialisation de l’Iboga, de ses dérivés et des savoirs traditionnels qui y sont associés. Présenté comme un texte stratégique, ce projet consacre l’Iboga "Tabernan the iboga" et ses alcaloïdes, dont l’ibogaïne, comme un patrimoine national à protéger et à valoriser au bénéfice du Gabon.
Au-delà de la simple réglementation, ce décret marque une étape importante dans la défense des intérêts nationaux. Désormais, toute activité liée à l’Iboga sera soumise à une autorisation préalable du ministre chargé de la Culture, sur avis d’une commission technique interministérielle. L’objectif est clair : éviter les usages non contrôlés, lutter contre l’appropriation abusive des connaissances traditionnelles et garantir que l’exploitation de cette ressource unique profite d’abord au pays et à ses communautés détentrices des savoirs.
Le texte prévoit également un mécanisme de partage juste et équitable des avantages entre l’État et les communautés autochtones et locales. Cette disposition est particulièrement importante, car elle reconnaît enfin la contribution historique de ces populations à la préservation des connaissances liées à l’Iboga. Elle ouvre la voie à une meilleure protection des droits culturels, à une meilleure rémunération des savoirs traditionnels et à une valorisation plus juste du patrimoine immatériel gabonais.
Autre innovation majeure, le projet de décret encadre les demandes de brevets portant sur l’Iboga et ses dérivés, dans le but de prévenir toute captation extérieure de cette ressource stratégique. En créant un Fonds souverain de l’Iboga, le gouvernement entend aussi financer la recherche scientifique nationale, soutenir la structuration de la filière et promouvoir la valorisation culturelle et économique de cette plante emblématique du Gabon.
À terme, ce texte pourrait positionner le Gabon comme un acteur central dans la gouvernance mondiale des ressources génétiques et des savoirs traditionnels. Il offre surtout au pays l’opportunité de transformer un patrimoine ancestral en moteur de développement durable, de souveraineté économique et de rayonnement international.
