Le FMI exige un audit de la dette du Gabon
Lors des assemblées annuelles du FMI, l'institution a indiqué qu'il y avait des préalables à satisfaire avant d'entamer les négociations pour un programme avec le Fonds
L e Gabon s’apprête à lancer un audit indépendant de sa dette publique sur la période 2016‑2024, sur la demande expresse du Fonds monétaire international (FMI).
Cette opération vise à établir un « bilan réel » de ce que l’État doit à ses créanciers avant tout nouveau cadrage macroéconomique ou accord de financement avec Washington.
Le poids actuel de la dette gabonaise, selon les dernières estimations, la dette publique du Gabon atteint environ 73‑75% du PIB en 2024‑2025, dépassant ainsi le seuil communautaire de 70% fixé par la CEMAC.
En valeur absolue, l’encours de la dette a franchi la barre de 7 800 à 8 600 milliards de francs CFA, soit une hausse de l’ordre de 10‑20% en un an, signe d’un recours massif à l’emprunt pour financer déficit budgétaire et arriérés.
Pourquoi un audit indépendant s’impose : Le FMI exige cet audit comme condition sine qua non pour juger de la crédibilité du cadrage macroéconomique et budgétaire du Gabon.
Un audit indépendant permet de : - recenser toutes les obligations (garanties, arriérés, emprunts locaux et extérieurs) et de distinguer ce qui est réellement dû de ce qui est discuté ou non plafonné ; - identifier risques et vulnérabilités, notamment la part de la dette financée à taux variables ou à court terme, souvent plus sensible aux chocs de taux d’intérêt ; - restaurer la confiance des créanciers (Banque mondiale, CEMAC, marchés obligataires) et conditionner toute future aide ou recapitalisation à un plan clair de viabilité.
Enjeux pour le retour à la stabilité : Au‑delà de la simple « vérification des chiffres », cet audit vise à instituer une gouvernance transparente de l’endettement, indispensable si le Gabon souhaite négocier un programme d’appui avec le FMI ou des allègements bilatéraux.
Une dette correctement cartographiée ouvre aussi la voie à des réformes ciblées : maîtrise du déficit, résorption des arriérés locaux et meilleure programmation des investissements publics pour éviter de déraper vers des niveaux de dette jugés non viables (projections annoncées au‑delà de 80‑85% du PIB d’ici 2026‑2027).
