PREF-CEMAC : La revue du Comité de pilotage à N’Djamena
La session extraordinaire du Comité de pilotage du Programme des réformes économiques et financières de la CEMAC (PREFCEMAC) tenue le 8 avril 2026 à N’Djamena revêt une importance stratégique pour les États membres, le FMI et la Banque mondiale, car elle
P oids pour les États de la CEMAC : Cette réunion a permis de passer au crible le rapport de suivi du premier trimestre 2026 des dix mesures prioritaires adoptées par la Conférence des Chefs d’État à Brazzaville, notamment sur la soutenabilité de la dette, la consolidation des finances publiques et la réforme du secteur bancaire. Les États y ont été invités à accélérer la mise en œuvre des réformes jugées clés pour stabiliser la zone franc CFA et éviter une crise monétaire majeure.
Il a été rappelé qu’en 2025, la détérioration des termes de l’échanges, conjuguée à des insuffisances dans les rapatriements des recettes d’exportation en devises, avait entrainé un recul des réserves de changes, ramenant la couverture des importations à 4,2 mois proche de la limite statutaire de 3 mois. Parallèlement, la croissance s’est légèrement améliorée pour atteindre 3,5% en 2025 contre 3,3% en 2024 et l’inflation est restée contenue à 2,1% en dessous du seuil communautaire de 3%.
Dans l’ensemble, ces performances demeurent insuffisantes au regard des déséquilibres macroéconomiques et tes tensions de trésorerie que traversent les pays de la sous-région en raison notamment de la problématique de l’endettement public qui atteint des sommets dans certains pays de la sous-région notamment près de 82% du PIB au Gabon contre plus de 90% du PIB pour le Congo soit un niveau supérieur à la norme communautaire fixé à 70% du PIB.
Pour les gouvernements nationaux, la séance de N’Djamena sert aussi de signal politique interne : elle renforce la pression pour la transparence budgétaire, la digitalisation des finances publiques et la convergence des lois de finances avec les engagements communautaires et internationaux. Ce dispositif de suivi trimestriel inscrit la région dans une logique de responsabilité accrue vis-à-vis des partenaires et des citoyens.
Rôle visàvis du FMI : Le PREFCEMAC et ses mécanismes de suiviévaluation sont directement articulés avec les recommandations du FMI, qui avait alerté les États de la CEMAC sur une dégradation des fondamentaux macroéconomiques. La session de N’Djamena a ainsi permis de présenter aux autorités communautaires et aux observateurs internationaux un bilan officiel des progrès réalisés, y compris les retards et points de blocage, ce qui est essentiel pour maintenir la confiance des bailleurs de fonds.
En outre, la cadence de réformes et la cohérence des politiques publiques mesurées à travers le PREFCEMAC constituent un des critères majeurs pour la négociation de produits de financement ou de programmes de soutien macroéconomique avec le FMI. Une perception de « lenteurs » ou de partialité dans la mise en œuvre peut retarder l’accès à de nouvelles lignes de crédit ou à des rééchelonnements de dette.
Dimension pour la Banque mondiale La Banque mondiale, qui accompagne déjà plusieurs États de la CEMAC dans la transformation structurelle (diversification des économies, investissements dans l’énergie, le numérique et les infrastructures), se fonde sur les indicateurs de progrès fournis par le PREFCEMAC pour calibrer ses opérations. La réunion du 8 avril 2026 lui permet de vérifier si les réformes d’investissement et de gouvernance publique sont alignées avec ses propres objectifs de réduction de la pauvreté et de création d’emplois.
Enfin, la coordination renforcée entre CEMAC, BEAC, FMI et Banque mondiale autour du PREFCEMAC ouvre la voie à des programmes sectoriels ciblés (santé, éducation, énergie) financés par la Banque, mais conditionnés à la poursuite des réformes macroéconomiques décidées à Brazzaville. N’Djamena apparaît donc comme une étape clef dans la mise en cohérence des politiques nationales, communautaires et internationales, avec des implications directes sur la mobilisation des ressources Extérieures pour la sous région.
