Affaire Bitome : silence judiciaire ou prudence ?
Entre accusations de discours excessifs et interrogations sur l’absence de réaction judiciaire, le cas Effayong Obiang relance le débat sur la régulation des prises de parole en ligne.
L ’activiste Effayong Obiang, alias « Bitome », fait l’objet d’une vive polémique sur les réseaux sociaux au Gabon. Connu pour ses publications favorables aux régimes successifs, il est aujourd’hui critiqué pour certains propos jugés excessifs, que des internautes qualifient de xénophobes et susceptibles d’attiser les tensions identitaires. La controverse s’est amplifiée après une interpellation publique de la page « Crimes au Gabon », qui questionne l’absence de réaction judiciaire face à ces déclarations. Cette situation relance le débat sur l’égalité des citoyens devant la loi et sur la nécessité de mieux encadrer les discours publics diffusés sur les réseaux sociaux.
Depuis quelques jours, la toile gabonaise s’enflamme autour d’Effayong Obiang, plus connu sous le pseudonyme « Bitome ». Cet activiste autoproclamé s’est fait remarquer sur Facebook durant les années de pouvoir d’Ali Bongo Ondimba, multipliant alors les publications élogieuses à l’égard du régime. Une posture qu’il semble aujourd’hui reconduire en faveur des nouvelles autorités, notamment du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Toutefois, au-delà de ses prises de position politiques, ce sont surtout certaines de ses sorties verbales qui suscitent la controverse. Dans plusieurs publications relayées sur les réseaux sociaux (RS), l’intéressé tiendrait des propos jugés excessifs par de nombreux internautes, certains y voyant des relents de xénophobie et des discours susceptibles d’attiser des tensions identitaires.
La polémique a pris une nouvelle dimension après une interrogation formulée sur la page Facebook « Crimes au Gabon ». Celle-ci s’interroge publiquement sur l’absence, jusqu’à présent, d’une réaction judiciaire face à ces déclarations. La question vise notamment le procureur général près la Cour d’appel de Libreville, Edy Minang, alors que d’autres citoyens ont souvent fait l’objet d’interpellations pour des propos jugés sensibles sur les RS.
Dans ce contexte, certains observateurs de la vie sociopolitique nationale évoquent la possibilité d’un traitement différencié selon les profils ou les circonstances. D’autres appellent à la prudence, rappelant que la justice agit selon des procédures encadrées. Quoi qu’il en soit, l’affaire relance le débat récurrent sur la régulation des discours publics en ligne et sur l’égalité de tous devant la loi. Une raison de plus donner à la Haute autorité de la communication (HAC) à propos de la suspension des certains RS, vecteurs de propos haineux qui favorisent la division.
