Conseil des ministres : numérique, FMI, foncier et salaires publics au cœur des décisions
Le Gouvernement adopte une série de réformes structurantes pour renforcer l’autorité de l’État et consolider la trajectoire économique.
R éuni le 26 février 2026 à Libreville sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a acté des mesures fortes : encadrement des réseaux sociaux, négociations accélérées avec le Fonds Monétaire International, réforme foncière ambitieuse, plafonnement des rémunérations dans le secteur public, modernisation des hôpitaux et création d’une nouvelle société agropastorale. Une séquence dense qui confirme la volonté de l’exécutif d’imprimer un tournant institutionnel et économique.
Le ton est donné , autorité, rigueur et transformation. Le Conseil des ministres du 26 février 2026, tenu au Palais de la Présidence de la République, a validé une série de décisions majeures touchant aux piliers institutionnels et économiques du pays.
En ouverture, le Chef de l’État a assumé la suspension temporaire de certains réseaux sociaux, présentée comme une mesure de responsabilité face aux risques de troubles à l’ordre public.
Dans la foulée, une ordonnance encadrant l’usage des plateformes numériques a été adoptée. Le texte prévoit des mécanismes d’intervention rapide des autorités en cas de contenus jugés dangereux pour la stabilité nationale et introduit un cadre juridique pour les contenus générés par intelligence artificielle. Une première étape vers une régulation plus stricte de l’espace numérique.
Sur le plan économique, l’exécutif accélère les discussions avec le Fonds Monétaire International. L’ambition est claire : conclure un programme économique et financier avant mai 2026. Mais le Président de la République a fixé des lignes rouges : maintien des projets prioritaires validés par le suffrage populaire ,protection des ménages vulnérables et rationalisation des dépenses publiques ;
L’accord recherché est présenté comme un levier de crédibilité internationale sans renoncer aux priorités nationales. Autre réforme d’envergure : le nouveau régime de la propriété foncière. Le Conseil a adopté une ordonnance et créé un Guichet unique de la propriété foncière. Objectif affiché : délivrer 50 000 titres fonciers en quatre mois. La mesure vise à sécuriser les transactions immobilières, réduire les litiges et simplifier les procédures administratives, dans un secteur longtemps critiqué pour sa lourdeur et son opacité.
Dans un contexte de rigueur budgétaire, plusieurs décrets plafonnent désormais les rémunérations des dirigeants d’établissements publics, d’entreprises publiques et d’autorités administratives indépendantes.
Les doubles rémunérations sont interdites et les revenus concernés seront soumis à l’impôt et aux retenues pour pension. Un signal fort en matière d’exemplarité et de discipline financière.
Le Conseil a également érigé en établissements publics hospitalo-universitaires le CHU de Libreville, le CHU d’Owendo et le CHU Mère–Enfant Fondation Jeanne Ebori. Un Laboratoire National de Santé Publique est créé pour renforcer la capacité de surveillance sanitaire du pays.
Dans le secteur agricole, la création de la Société Agropastorale du Gabon (AGROPAG) marque un tournant. Elle remplace la Société d’Agriculture et d’Élevage du Gabon et devra impulser une nouvelle dynamique en faveur de la souveraineté alimentaire et de la diversification économique.
À travers ces décisions, le Conseil des ministres du 26 février 2026 affiche une feuille de route claire : restaurer l’autorité de l’État, assainir la gestion publique et poser les bases d’une transformation structurelle durable. Une séquence stratégique qui pourrait redessiner les équilibres institutionnels et économiques du pays dans les mois à venir.
