Une société financière togolaise rachète 300 millions d’euros de dette sénégalaise
Selon des informations exclusives du Financial Times relayées par Jeune Afrique, un acheteur unique basé au Togo a acquis pour 300 millions d'euros (environ 196 milliards FCFA) de titres de la dette souveraine sénégalaise, soit près d'un tiers des adjudic
I dentité de l'acheteur : L'acquéreur est identifié comme la Société de Gestion et d'Intermédiation (SGI) du groupe Ecobank, basée à Lomé, qui revendique une "bonne relation" avec l'État sénégalais et un soutien au développement du pays. Les SGI jouent souvent un rôle d'intermédiaire pour des investisseurs régionaux ou internationaux, avec des soupçons orientés vers la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) et son président Serge Ekué, dans un effort pour prévenir un risque de défaut de paiement.
Contexte économique : Cette transaction intervient malgré les révélations gouvernementales sur une dette "cachée" et un environnement économique tendu au Sénégal, démontrant un intérêt persistant des marchés régionaux pour les titres souverains sénégalais. Elle souligne la résilience de la signature de crédit de Dakar, même face aux interrogations sur la soutenabilité de sa dette publique.
Quelles sont les implications de cet achat pour la dette publique du Sénégal ? L'achat togolais de 300 millions d'euros de dette sénégalaise offre un refinancement immédiat à Dakar, allégeant temporairement la pression sur ses besoins de liquidités dans un contexte de dette publique estimée à plus de 118% du PIB fin 2024. Cela renforce la confiance des investisseurs régionaux malgré les tensions.
Soulagement budgétaire : Cette opération, équivalant à près d'un tiers des adjudications récentes, réduit les risques de défaut à court terme et soutient les efforts du Plan de redressement économique et social (PRES) visant à ramener le déficit à 3% du PIB d'ici 2027. Elle démontre la résilience du marché régional UEMOA, dominé par des acteurs ouest-africains.
Risques persistants : Cependant, elle ne résout pas les défis structurels comme les échéances massives (14 870 milliards FCFA entre 2026-2028) ni la dette "cachée" révélée par les audits, maintenant la vulnérabilité face aux notations dégradées (B- par S&P) et aux besoins annuels de 6 000 milliards FCFA.
