Secteur aurifère : Mise en place d'un système de traçabilité de production nationale d'or
Le Gabon lance une offensive numérique visant à mieux contrôler la production d'or extraite de son sous-sol. Pour faire face aux exportations illégales de près de quatre tonnes d’or par an, Libreville mise sur une technologie de traçabilité par QR Code dé
L e sous-sol gabonais regorge de richesses, mais son or reste, pour l'heure, un trésor qui profite davantage aux circuits clandestins qu'au Trésor public. Avec une production artisanale estimée à plusieurs tonnes, seule une infime fraction est officiellement déclarée. Ce manque à gagner colossal prive le pays de ressources essentielles pour le financement de son développement en cette période de transition.
Jusqu'à présent, le secteur aurifère gabonais était dominé par l'exploitation artisanale et un système de cartes d'exportation individuelles. Ce modèle a montré ses limites, favorisant la fuite du précieux métal vers les pays voisins et les hubs internationaux sans aucune taxation. Derrière ces flux opaques, c'est toute une chaîne de valeur qui échappe au contrôle de l'État, entraînant par la même occasion des dégâts environnementaux non régulés.
Pour reprendre la main, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a scellé en février 2026 un partenariat stratégique avec Abu Dhabi. Le dispositif repose sur une innovation radicale : l'étiquetage par QR Code.
Chaque lingot d’or produit sur le territoire recevra une identité numérique infalsifiable permettant de connaître : • L'origine exacte du gisement (mine ou coopérative). • L'identité de l'exploitant. • Le parcours du métal jusqu'à sa commercialisation.
« Sans ce QR Code, il sera désormais impossible de vendre ou d'exporter de l'or gabonais sur le marché international », expliquent les autorités minières. Ce verrou technologique vise à rassurer les investisseurs et à intégrer l'or gabonais dans les standards éthiques mondiaux.
L'autre pilier de cette réforme est la transition des orpailleurs individuels vers des coopératives structurées. En numérisant la filière, l'État n'ambitionne pas seulement de taxer, mais aussi d'accompagner les acteurs vers une exploitation plus sécurisée et rentable.
Si le pari est réussi, l'or pourrait devenir le nouveau moteur de la diversification économique du Gabon, transformant une fuite de capitaux en une source de richesse nationale pérenne.
