Oligui Nguéma vs Ali Bongo : Deux visions radicalement opposées !
Alors qu’Oligui Nguema boucle sa première année, le bilan d’Ali Bongo illustre le contraste entre slogan et exécution.
S eize ans séparent deux investitures. Le 16 octobre 2009, Ali Bongo lance « L’avenir en confiance ». Le 3 mai 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema parie sur « La transformation durable et la souveraineté économique ». À l’aube du premier anniversaire, l’écart des méthodes est abyssal.
I- 2009-2023 : quatorze ans de rhétorique sans livrables : Validée malgré onze recours, l’investiture d’Ali Bongo ouvre quatorze ans sans livrables. Le « Psara », censé structurer l’action, ne sera jamais publié. Dès 2012, plus de 50 % des marchés publics échappent aux appels d’offres. Aucun outil d’évaluation périodique ne voit le jour. Les promesses de modernisation restent « bien en deçà des attentes ».
II- 2025-2026 : une première année d’actes opposables : Dès le 30 mai 2025, le nouveau pouvoir légifère par normes impératives : interdiction d’exporter du manganèse brut au 1er janvier 2029, fin des importations de poulet à horizon 2027. L’accord de pêche avec l’UE est suspendu pour déséquilibre économique. Cinq fonds stratégiques sont dotés de tableaux de bord semestriels. En dix mois, l’accès à l’eau dans le Grand Libreville bondit de 55 % à 90 % (300 000 bénéficiaires).
III- Infrastructures et transformation locale : la matérialisation en cours : Au premier trimestre 2025, le raffinage pétrolier progresse de 117,3 %. La centrale d’Owendo (125 MW) est en chantier ; l’interconnexion électrique livre 3 MW à Bitam. L’usine de Mounana (quatre fours, 70 000 t/mois de manganèse transformé) avance. Le contrat Suez (200 M€) impose 60 M€ de sous-traitance aux PME gabonaises – un mécanisme de diffusion locale inédit sous le précédent mandat. Les industries de transformation croissent de 3,7 %, tirées par le ciment (+7,4 %) et les gaz industriels (+16,1 %).
Seize ans séparent les deux séquences. D’un côté, quatorze ans de programmes sans indicateurs, de marchés sans appels d’offres, de promesses sans évaluation. De l’autre, une année qui a produit plus d’instruments normatifs opposables et de dispositifs de redevabilité que l’ensemble du cycle précédent. Le 3 mai 2026, ce ne sera pas l’exécution parfaite qui sera jugée, mais l’installation d’un régime où les actes engagent leurs auteurs. La souveraineté économique se mesure moins aux discours qu’à la liste des exportations brutes que l’on accepte de perdre pour créer, enfin, de la valeur sur son propre sol.
