Corruption : le Gabon classé 135e sur 182, un signal d’alerte pour l’attractivité et la gouvernance
Le dernier rapport de Transparency International place le pays dans le peloton des États les plus corrompus, avec des conséquences lourdes sur trois fronts stratégiques.
L ibreville - Avec un score dégradé et une 135e place sur 182 pays, le Gabon reste durablement ancré dans le bas du classement de Transparency International. Loin d’être anecdotique, ce rang expose le pays à des répercussions systémiques qui dépassent la seule réputation internationale.
Sur le plan économique, ce signal repousse les investisseurs étrangers, déjà prudents face aux risques perçus. La corruption alourdit le coût des affaires, fausse la concurrence et détourne les capitaux vers des circuits improductifs. Elle fragilise aussi la mobilisation des recettes fiscales et compromet la soutenabilité des finances publiques, dans un contexte où le Gabon cherche justement à diversifier son économie.
Sur le plan politique, ce classement entame la crédibilité des institutions et alimente la défiance des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Alors que le pays affiche une volonté de transparence et de modernisation administrative, l’écart entre le discours et les réalités mesurées par les organisations indépendantes sape la confiance. À terme, c’est la capacité de l’État à négocier des appuis financiers ou techniques qui se trouve affaiblie.
Sur le plan social, les effets sont plus insidieux mais tout aussi ravageurs. La corruption détourne les ressources destinées aux services essentiels - éducation, santé, infrastructures - et creuse les inégalités. Elle entretient un sentiment d’injustice et de déclassement au sein de la population, dont une partie significative peine toujours à accéder aux services publics de base.
Ce nouveau classement intervient alors que les autorités gabonaises multiplient les annonces sur la moralisation de la vie publique. Mais pour inverser la tendance, les observateurs estiment qu’il faudra passer d’une communication volontariste à des réformes structurelles effectives, auditées et sanctionnées.
