Coût du crédit en zone CEMAC : Le Gabon en tête de classement avec la RCA et le Congo.
Entre resserrement monétaire de la BEAC et explosion des créances douteuses, le Gabon subit les taux les plus élevés de la zone CEMAC malgré une captation massive des crédits.
E n résumé, emprunter en Afrique centrale en 2026 coûte plus cher qu'auparavant, avec un coût moyen global se stabilisant autour de 8% à 15 % pour les nouveaux crédits à l'économie dont le Cameroun et le Gabon continuent de capter environ 80 % des crédits octroyés dans la zone, malgré des coûts disparates.
En raison d’une inflation continue de l’ordre de 2 à 3% en moyenne par an, vue l’importance des stocks de crédit douteux, considérant les taux directeurs élevés de la BEAC, au regard des charges de fonctionnement des banques de la sous-région, le coût du crédit en zone ne cesse d’augmenter. On vous explique : En zone CEMAC, le coût du crédit est actuellement marqué par une tendance à la hausse en ce début d'année 2026, sous l'effet du resserrement monétaire de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) ; 1. Taux directeurs et conditions de marché (janvier 2026): Le principal levier influençant le coût du crédit, le taux d'intérêt des appels d'offres (TIAO) de la BEAC, a été relevé à 4,75 % en décembre 2025. Ce relèvement vise à stabiliser les réserves de change et à contenir l'inflation dans la sous-région.
2. Taux débiteurs pratiqués par les banques Pour les entreprises et les particuliers, les taux d'intérêt effectifs sont nettement plus élevés que les taux directeurs en raison des primes de risque et des commissions bancaires. • Fourchette moyenne : En début d'année 2026, les taux bancaires dans la zone s'établissent généralement entre 8 % et 15 % selon le profil de l'emprunteur et la nature du projet. • Disparités nationales : o Le Cameroun et le Tchad offrent historiquement les taux les plus compétitifs de la zone. o Le Gabon reste la place bancaire la plus chère de la sous-région, avec des taux débiteurs moyens qui ont atteint des sommets courant 2025 avant de se stabiliser légèrement.
3. Facteurs influençant le coût : • Risque de crédit : Une hausse des créances douteuses, notamment au Gabon (+31,4 %) et au Cameroun (+14,5 %), incite les banques à maintenir des marges élevées pour couvrir le risque de défaut. • Nature du crédit : Les crédits à court terme restent les plus onéreux, tandis que les financements à long terme, bien qu'en forte progression (+21,2 % en volume en 2024), sont soumis à des conditions de garantie strictes. • La hausse du niveau général des prix qui entraine une érosion du pouvoir d’achat des ménages et des marges réelles des acteurs économiques.
En début d'année 2026, le classement des pays de la CEMAC par coût du crédit (taux débiteurs pratiqués par les banques) reflète une stabilisation globale après les tensions de 2024, bien que des disparités importantes subsistent entre les États membres.
Classement par coût du crédit (du moins cher au plus cher): Ce classement est basé sur les Taux Effectifs Globaux (TEG) moyens observés par la BEAC courant 2025 et début 2026. 1. Cameroun : Historiquement et en 2026, le Cameroun affiche les taux d'intérêt les plus bas de la zone. Sa profondeur bancaire (47 % du bilan de la zone) permet des conditions plus compétitives. 2. Tchad : Souvent au coude-à-coude avec le Cameroun, le Tchad maintien des taux parmi les plus attractifs de la sous-région pour les nouveaux crédits. 3. Guinée Équatoriale : Se situe dans la moyenne régionale, bénéficiant d'une certaine stabilité monétaire interne, bien que l'accès au crédit y soit moins dynamique que dans les deux premiers pays. 4. Gabon : Malgré son poids économique, le Gabon présente des coûts de crédit élevés. Cette cherté s'explique en partie par une forte hausse des créances douteuses (+31,4 % fin 2025), ce qui pousse les banques à augmenter leurs marges pour couvrir le risque. En sus, en raison de l’exiguïté et de la taille de l’économie gabonaise, les banques locales accentuer le prix du crédit (taux d’intérêt) au détriment du volume pour maintenir leurs marges bénéficiaires à des niveaux élevés. 5. Congo : Le pays enregistre régulièrement des taux élevés, particulièrement pour les crédits à long terme.
