Grève des enseignants : les salles de classe restent désespérément vides en ce début d'année
Le Sena et le Synetecpro durcissent le ton et prolongent leur mouvement de grève jusqu’au 9 janvier
P our l'heure, les craies restent posées et les regards se tournent vers le ministère, dont la prochaine réaction sera déterminante pour l'avenir de millions de jeunes Gabonais privés de leur droit fondamental à l'instruction.
Le bras de fer entre le gouvernement gabonais et le corps enseignant entre dans une phase critique. Réunis en assemblée générale ce mardi 6 janvier 2026, le Syndicat de l’Éducation Nationale (Sena) et le Syndicat National de l’Enseignement Technique et Professionnel (Synetecpro) ont voté à l'unanimité la poursuite de leur mouvement de débrayage. Lancée initialement en décembre 2025, cette grève paralyse désormais la reprise des cours, initialement prévue après les congés de fin d’année. Sur l’ensemble du territoire, les élèves, revenus sur les bancs lundi dernier, se retrouvent face à des établissements sans enseignants, prolongeant ainsi une période d'incertitude pédagogique préoccupante.
Cette radicalisation du mouvement fait suite à l'échec des négociations avec les autorités de tutelle. Bien qu'une rencontre ait eu lieu il y a quelques semaines avec le ministre par intérim de l'Éducation Nationale, les syndicats estiment que les échanges n'ont débouché sur aucune avancée concrète. Pour le Sena et le Synetecpro, le manque de réponses tangibles à leurs préoccupations rend la reprise du travail impossible. « Le mouvement se poursuivra jusqu’au 9 janvier, et au-delà si nécessaire, tant que la prise en compte de nos revendications ne sera pas effective », ont martelé les leaders syndicaux lors de leur déclaration commune.
Au cœur de cette colère sociale se trouve une plateforme revendicative dense, axée sur la précarité des carrières. Les grévistes exigent en priorité la régularisation des situations administratives, incluant les recrutements, les intégrations, les titularisations et les avancements automatiques. À cela s'ajoutent des revendications financières majeures : le paiement des rappels de solde, le versement de la prime d’éloignement pour les zones rurales reculées, ainsi que le règlement des arriérés de salaires suspendus de manière jugée arbitraire. Les enseignants réclament également la mise en place d'un guichet unique spécial pour accélérer le traitement de ces dossiers administratifs souvent enlisés dans la bureaucratie.
L’impact de cette grève sur le calendrier scolaire devient alarmant. Alors que le second trimestre est censé débuter sous les meilleurs auspices, l’absence de cours pénalise lourdement les apprenants, particulièrement ceux en classes d’examen. Le silence du gouvernement face à ces demandes persistantes laisse craindre une année blanche si un terrain d'entente n'est pas trouvé rapidement. Pour l'heure, les craies restent posées et les regards se tournent vers le ministère, dont la prochaine réaction sera déterminante pour l'avenir de millions de jeunes Gabonais privés de leur droit fondamental à l'instruction.
