Rentrée judiciaire : Oligui à l'écoute des magistrats
Justice gabonaise : réformer sans fragiliser la magistrature
À l’approche de la rentrée judiciaire, l’assainissement du corps judiciaire doit aller de pair avec la protection des garanties professionnelles et l’amélioration des conditions de travail des magistrats. La rentrée judiciaire du 5 octobre intervient dans un contexte sensible pour la magistrature gabonaise. La dernière session du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), tenue le 16 septembre à Port-Gentil, a porté sur les carrières, nominations et affectations des magistrats, ainsi que sur l’efficacité du service public de la justice. Dans le même temps, le SYNAMAG conteste plusieurs décisions du CSM et appelle à leur réexamen, tandis que des questions sont également soulevées sur les vacances de postes dans certaines juridictions.
À quelques jours de la rentrée judiciaire, la rencontre entre le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et les principaux responsables de la magistrature intervient donc à un moment où la justice gabonaise doit concilier deux exigences : assainir durablement le corps judiciaire et donner aux magistrats les moyens d'exercer leur mission dans de bonnes conditions. L’assainissement de la magistrature apparaît comme un enjeu central. Les mesures disciplinaires prises récemment doivent pouvoir contribuer à renforcer l’éthique, la probité et la responsabilité au sein de l’institution. Mais une politique de réforme ne peut être durable que si elle repose sur des procédures claires, transparentes et juridiquement sécurisées. Les contestations formulées par le SYNAMAG concernant certaines nominations et affectations montrent précisément l’importance de cette exigence. Le syndicat affirme notamment avoir relevé des doubles affectations et d’autres anomalies statutaires ; un erratum du CSM a par ailleurs été publié le 30 septembre à la suite de contestations portant sur le communiqué initial.
Réformer ne signifie donc pas seulement sanctionner. Il s’agit également de professionnaliser davantage la gestion des carrières, de garantir la régularité des nominations, de renforcer la formation continue et de veiller au respect des règles déontologiques comme des droits statutaires des magistrats. L’autre urgence concerne les conditions concrètes d’exercice de la justice. Le SYNAMAG a notamment alerté sur des juridictions de l’intérieur du pays confrontées à des postes vacants, avec des conséquences possibles sur les délais de procédure et la continuité du service public. Une réforme judiciaire crédible doit donc aussi s’accompagner de moyens humains, matériels et budgétaires suffisants : effectifs adaptés, locaux fonctionnels, outils numériques, sécurité des personnels, mobilité et conditions de vie permettant aux magistrats affectés hors de Libreville d’exercer pleinement leurs responsabilités.
C’est à cette condition que l’assainissement de la magistrature pourra s’inscrire dans la durée et que la réforme pourra être évaluée non seulement à l’aune des sanctions prononcées, mais surtout à celle de la qualité, de l’indépendance et de l’efficacité du service rendu au justiciable.
C’est à cette condition que l’assainissement de la magistrature pourra s’inscrire dans la durée et que la réforme pourra être évaluée non seulement à l’aune des sanctions prononcées, mais surtout à celle de la qualité, de l’indépendance et de l’efficacité du service rendu au justiciable.
