Magistrature : Le SYNAMAG conteste la légalité de 4 nominations issues de l'ENAM du Cameroun
Intégration sans base légale, nomination sans serment : Les décisions du CSM dans la tourmente après la nomination de 4 magistrats formés au Cameroun
L e SYNAMAG dénonce un tripatouillage institutionnel et exige la suspension immédiate de nominations entachées d'illégalité
Libreville, 26 septembre 2026 - Le Conseil Supérieur de la Magistrature est accusé de dérive grave par le Syndicat National des Magistrats du Gabon (SYNAMAG). Dans un communiqué du 25 septembre signé par son Président Landry ABAGA ESSONO, le syndicat fustige la nomination de quatre élèves magistrats issus de l'ENAM du Cameroun. L'argumentaire du SYNAMAG est double. Sur le fond, une incompétence textuelle : l'ENM du Gabon est seule habilitée à former les magistrats nationaux, aucune convention ne la lie à l'ENAM du Cameroun, aucun concours national n'a été passé et aucune équivalence n'a été validée. C'est la création d'une filière parallèle contraire au principe d'égalité d'accès aux emplois publics.
Sur la forme, un vice de procédure rédhibitoire : les quatre impétrants auraient été nommés à des fonctions juridictionnelles sans intégration préalable dans la fonction publique gabonaise et sans prestation de serment, condition substantielle d'exercice du pouvoir de juger. Leurs futurs actes s'exposent ainsi à la nullité absolue. Le syndicat y voit une récidive, rappelant qu'en août 2025, deux magistrats avaient déjà été affectés sans avoir prêté serment, restés un an sans siéger avant d'être à nouveau affectés.
Le SYNAMAG exige trois mesures : le gel immédiat des nominations des quatre Camerounais et des deux magistrats de 2025, un arbitrage présidentiel pour clarifier tout fondement juridique à l'ouverture à des formations étrangères, et le respect strict du Statut de la Magistrature pour restaurer la crédibilité de la justice à l'aube de la rentrée judiciaire.
