Audit de la dette publique : 11 700 milliards annoncés, 9 524 retenu
L’audit de la dette est terminé. Et au passage, plus de 2 175 milliards de FCFA semblent avoir disparu des radars comptables. Une baisse spectaculaire qui appelle surtout des explications.
L ibreville, 13 septembre 2026 Il aura fallu un audit pour que les chiffres de la dette gabonaise changent de costume. Alors que le stock initial était estimé à près de 11 700 milliards de FCFA, le gouvernement annonce désormais un stock consolidé de 9 524,643 milliards de FCFA au 31 décembre 2025.
Soit une différence de plus de 2 175 milliards de FCFA. Une somme qui, au Gabon, ne se perd pas exactement derrière un coussin de canapé. Selon le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, cet écart s’explique par le travail d’audit destiné à établir une situation « consolidée » et « fiable » des engagements financiers de l’État. Le nouveau montant représente ainsi 68,91 % du PIB nominal 2025, évalué à 13 822 milliards de FCFA.
Le gouvernement affirme avoir conduit l’opération conformément aux standards statistiques du FMI et assure que le rapport a été transmis à l’institution financière internationale. Mais derrière les chiffres, une question demeure : comment expliquer concrètement la disparition comptable de plus de 2 000 milliards de FCFA entre l’estimation de départ et le stock finalement retenu ? S’agit-il de créances non exigibles ? D’engagements finalement écartés ? De doublons ? De passifs mal comptabilisés ? Le communiqué gouvernemental ne rentre pas dans ce niveau de détail.
Et c’est précisément là que le débat commence. Car si l’audit permet effectivement de remettre de l’ordre dans les comptes publics, tant mieux. Mais si les Gabonais doivent désormais considérer 9 524 milliards comme la nouvelle vérité comptable**, encore faut-il pouvoir comprendre **où sont passés les 2 175 milliards de différence. Le gouvernement promet désormais une gestion « transparente », une information financière « sincère » et un apurement progressif des passifs exigibles.
Après les milliards qui apparaissent, disparaissent puis réapparaissent selon les audits, une chose est certaine : au Gabon, les chiffres de la dette ont encore quelques comptes à rendre.
