Omboué accueille Akendengué : l'Okorwè à l'honneur, la Nation rend hommage
Aux couleurs de l'Okorwè, Omboué a vibré pour son icône.
L a cité lagunaire de l'Ogooué-Maritime s'est parée du pagne myènè, symbole d'identité et de dignité, à l'occasion du concert exceptionnel de Pierre-Claver Akendengué.
Plus qu'un spectacle, une célébration culturelle. En amont de l'événement, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a tenu à rendre un hommage appuyé à l'artiste, saluant son apport immense au patrimoine national et exprimant le souhait de le voir se produire prochainement au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba de Libreville, inauguré le 3 mai dernier. Un signe fort pour celui que l'on surnomme "Le musicologue d'Afrique". Dans les rues d'Omboué, la ferveur était palpable. Habitants et visiteurs, drapés d'Okorwè, ont affirmé leur attachement aux traditions dans une atmosphère de communion rare, mêlant fierté populaire et reconnaissance.
Car Pierre-Claver Akendengué n'est pas simplement un chanteur. Il est une conscience. Né le 25 avril 1943 à Awuta, dans la petite île de Nengué Sika en pays Nkomi, dans la région lagunaire du Fernan-Vaz, il est présenté comme chanteur, conteur, musicien et poète gabonais. Légende vivante de la musique gabonaise et africaine, il est l'auteur de près de 40 albums et plus de 240 chansons.
Formé au chant grégorien et à la cithare traditionnelle auprès de ses oncles, puis à la psychologie et à l'ethnomusicologie en France, docteur avec une thèse sur "Religion et éducation traditionnelle en pays Nkomi", il entre au Petit Conservatoire de Mireille. C'est là qu'on lui conseille d'écrire dans sa langue maternelle, le myènè.
Son deuxième album, Africa Obota (l'Afrique ma mère), remporte le Prix de la jeune chanson francophone au Midem de Cannes en 1976. Suivront Nandipo (1974), classé parmi les 50 albums essentiels de la musique africaine, Mando, Lambarena: Bach to Africa, et tant d'autres.
Exilé en France de 1972 à 1985 pour son engagement contre le parti unique, il n'a jamais cessé de porter la voix d'une Afrique debout, poétique et insoumise. A son retour, il crée à Libreville le Carrefour des arts, pépinière de la nouvelle génération.
Hier à Omboué, ce n'est pas seulement un concert que le peuple est venu écouter. C'est plus de 60 ans de poésie, de résistance et d'amour pour la terre mère que le Gabon a célébré, enveloppé dans l'étoffe sacrée de l'Okorwè.
