FGIS : un outil de diversification économique confronté à de profondes difficultés
Libreville – Conçu en 2012 pour soutenir la transformation économique du Gabon et réduire sa dépendance aux revenus pétroliers, le Fonds gabonais d’investissement stratégique (FGIS) traverse une période particulièrement délicate. Une enquête publiée par Africa Intelligence met en lumière les nombreux défis auxquels l’institution a été confrontée au fil des années, entre investissements peu performants, problèmes de gouvernance et pressions politiques.
S elon les informations révélées, une part importante des ressources mobilisées par le fonds aurait été engagée dans des projets dont les résultats sont restés en deçà des attentes. Plusieurs initiatives lancées durant la décennie 2010, notamment dans les secteurs de la technologie, de l’agriculture, de la finance ou encore de la culture, n’ont pas produit les retombées économiques espérées, entraînant une dégradation progressive de la situation financière du fonds.
L’enquête souligne également que la gouvernance de l’institution a longtemps été marquée par une forte centralisation des décisions et un manque de mécanismes de contrôle conformes aux standards internationaux. Cette situation aurait favorisé des choix d’investissement risqués et limité la capacité du fonds à assurer un rendement durable de ses actifs.
À partir de 2020, une nouvelle équipe dirigeante entreprend toutefois une série de réformes destinées à renforcer la transparence et à redresser la structure financière de l’établissement. Plusieurs projets stratégiques sont alors soutenus, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’immobilier et de la santé, avec l’ambition de repositionner le FGIS comme un véritable levier de développement économique.
Cependant, les bouleversements politiques intervenus après le changement de régime en août 2023 ont profondément modifié l’environnement institutionnel du fonds. Soumis à de nouvelles orientations gouvernementales et à un contrôle accru des autorités, le FGIS a vu son rôle évoluer tandis que plusieurs de ses projets phares étaient réexaminés ou transférés à d’autres structures publiques.
Alors que l’institution doit aujourd’hui faire face à des engagements financiers importants et à une réduction de sa marge de manœuvre, son avenir dépendra largement de sa capacité à restaurer la confiance des pouvoirs publics et des partenaires financiers. Cette situation relance le débat sur la gestion des fonds souverains et leur rôle dans la diversification des économies africaines.
