Aéroport de Libreville : la multiplication des taxes alourdit la facture des passagers
Entre hausse de la taxe N7, redevance R4 et nouvelle taxe de 30 dollars, le coût des billets internationaux continue d'augmenter au départ du Gabon.
L es voyageurs au départ de Libreville font face à une hausse continue des prélèvements aéroportuaires. Après le relèvement de la taxe de sûreté N7 de 10 000 à 23 000 FCFA et l'instauration de la redevance d'infrastructure R4 destinée au financement du futur aéroport, une nouvelle taxe de 30 dollars (environ 17 000 FCFA) s'ajoute désormais aux billets internationaux. Si ces prélèvements visent à financer les infrastructures et renforcer la sécurité, ils soulèvent des inquiétudes quant à la compétitivité de la plateforme aéroportuaire et au coût croissant du transport aérien.
Les voyageurs empruntant les vols internationaux au départ de Libreville doivent désormais composer avec une augmentation sensible des prélèvements intégrés au prix de leur billet. Après l'entrée en vigueur, le 1er juin 2025, du relèvement de la taxe de sûreté N7, passée de 10 000 à 23 000 FCFA, plusieurs autres redevances viennent accroître le coût du transport aérien.
À cette taxe s'ajoute la redevance d'infrastructure R4, destinée à financer la construction du futur aéroport de Libreville. Plus récemment, une nouvelle taxe de 30 dollars américains, soit environ 17 000 FCFA, est également appliquée sur l'ensemble des billets internationaux. Elle vient s'ajouter aux redevances aéroportuaires, à la taxe de sécurité et aux différents frais déjà supportés par les passagers.
Selon les informations disponibles, la taxe N7 a été sensiblement revalorisée par les autorités de l'aviation civile, tandis que la R4 et la nouvelle taxe sont directement intégrées au prix du billet. Leur montant peut varier en fonction de la destination et de la classe de voyage, contribuant à une hausse globale du coût des déplacements internationaux.
Pour les compagnies aériennes comme pour les voyageurs, l'effet cumulé de ces prélèvements se traduit par une facture plus élevée et une pression supplémentaire sur le pouvoir d'achat. Dans un contexte où le transport aérien demeure un levier essentiel de mobilité et d'intégration économique, cette évolution suscite des interrogations sur son impact à long terme.
Sur le plan économique, cette politique tarifaire peut contribuer au financement d'infrastructures stratégiques et au renforcement de la sûreté aéroportuaire. Toutefois, elle comporte également des risques, notamment une perte de compétitivité de la plateforme de Libreville face aux aéroports voisins, une contraction de la demande sur certaines lignes et une baisse de l'attractivité de la destination pour une partie des voyageurs.
Les professionnels du secteur alertent d'ailleurs sur une pression fiscale qu'ils jugent de plus en plus importante, dans un environnement déjà marqué par des coûts d'exploitation élevés. Selon eux, la multiplication des taxes pourrait freiner la connectivité aérienne du Gabon, alors que le pays affiche l'ambition de renforcer son ouverture régionale et internationale.
Au-delà de la question des recettes publiques, le débat porte désormais sur la recherche d'un équilibre entre le financement des infrastructures et la préservation de l'accessibilité du transport aérien. À défaut d'un compromis durable, l'aéroport de Libreville pourrait accroître ses ressources financières tout en perdant progressivement en attractivité auprès des compagnies et des passagers.
