Numérique et IA : l’Afrique face au défi d’une gouvernance francophone inclusive
Libreville, 3 juillet 2026 – Après une première édition réussie en 2025, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ouvre ce jeudi à Genève le 2ᵉ Forum francophone de la gouvernance du numérique et de l’intelligence artificielle. Décideurs, experts, chercheurs et société civile se retrouvent au Graduate Institute pour « renforcer la voix des pays francophones dans les débats internationaux » sur l’IA et le numérique.
A lors que l’ONU lance cette semaine son premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, le rendez-vous de l’OIF veut peser dans un agenda mondial en pleine construction. Pour l’Afrique, où 26 pays sur 54 sont membres de la Francophonie, les enjeux sont majeurs.
1. L’enjeu de la souveraineté numérique africaine Le Forum intervient au moment où les règles de l’IA « se dessinent à l’échelle mondiale ». Or, les pays africains francophones rappellent qu’il faut « combler le fossé qui sépare le Nord et le Sud dans le domaine du numérique et de l’IA » et « veiller à la cohérence des régimes internationaux sur l’IA ».
Concrètement, cela passe par : • Des infrastructures et compétences locales : l’ONU souligne que les pays doivent investir dans « les infrastructures numériques, l’éducation, les compétences techniques » pour développer l’IA selon leurs propres besoins. • Une voix politique unifiée : l’OIF porte « la voix des utilisateurs d’Internet et de l’IA » et réaffirme l’importance d’une approche multi-acteurs centrée sur les utilisateurs. Le Maroc, qui préside le Groupe des ambassadeurs francophones à Genève, a déjà organisé un événement sur « IA et désarmement » pour marquer cette présence diplomatique.
2. Les défis : fracture, droits et dépendance Plusieurs défis ont été identifiés par les réseaux francophones et les délégués lors des ateliers OIF : la fracture numérique et l'algorithmique, les Droits humains et la transparence, la Gouvernance multi-acteurs vs la concentration.
3. Ce que l’Afrique francophone peut gagner à Genève Le Forum de l’OIF se veut une « plateforme essentielle » pour débattre des grands défis numériques. Trois opportunités émergent pour le continent :
1. Peser sur les normes : À quelques jours du Dialogue mondial de l’ONU des 6-7 juillet, la position francophone peut nourrir le « cadre universel pour la coopération en matière de gouvernance de l’IA ». 2. Mutualiser les projets : L’OIF déploie déjà 5 projets phares 2024-2027 : compétences numériques des jeunes, politique publique numérique, transition numérique des systèmes éducatifs en Afrique francophone. 3. Fédérer les expertises : La première édition avait mobilisé une « richesse d’expertises francophones pour des politiques numériques équitables ».
L’édition 2026 élargit le dialogue aux chercheurs, entreprises et régulateurs africains. L’équation à résoudre : Comme le résume le groupe scientifique de l’ONU : « L’IA n’est ni intrinsèquement bénéfique ni dangereuse. Son impact dépendra des décisions prises aujourd’hui ».
Pour l’Afrique francophone, Genève 2026 est donc un test : transformer une voix commune en influence normative, et faire en sorte que la gouvernance de l’IA « serve le bien commun de toute l’humanité », sans laisser le continent au rang de simple consommateur de technologies venues d’ailleurs.
