La Compagnie Nationale de Transport se diversifie dans la vente de carburant
Pour financer son expansion, la CNT choisit la distribution de carburant plutôt que les recettes générées par les passagers.
L ibreville. Faute de pouvoir compter uniquement sur les recettes générées par le transport des voyageurs, la Compagnie Nationale de Transport (CNT) a choisi de miser sur la distribution de carburant pour financer son développement. Une orientation qui soulève déjà des interrogations sur la capacité du transport public gabonais à atteindre l'autonomie financière par son activité principale.
Présentée comme l'un des piliers de la modernisation du secteur, la CNT ambitionne de développer un réseau de bus plus performant et plus étendu. Mais derrière cette volonté affichée se dessine une réalité moins reluisante : transporter des passagers ne suffirait plus à assurer l'équilibre économique de la société. D'où le choix de se tourner vers une activité commerciale extérieure à son cœur de métier afin de générer de nouvelles ressources.
Cette stratégie interroge. Si la distribution de carburant peut effectivement constituer une source de revenus complémentaire, certains observateurs y voient également l'aveu des difficultés structurelles auxquelles reste confronté le transport public gabonais. Coûts d'exploitation élevés, entretien du matériel roulant, faible rentabilité des lignes et dépendance aux financements publics continuent de peser sur le secteur.
Le pari apparaît d'autant plus audacieux que le marché des produits pétroliers est déjà occupé par des acteurs bien installés. La CNT devra donc non seulement réussir sa mission de transporteur public, mais également faire sa place dans un environnement économique où la concurrence est forte et les marges parfois limitées.
Pour les usagers, la question est simple : cette diversification permettra-t-elle réellement d'améliorer la qualité du service ? Car au-delà des annonces et des projections financières, les attentes demeurent les mêmes : davantage de bus, moins de temps d'attente, une meilleure desserte des quartiers et des véhicules correctement entretenus.
En choisissant de financer ses ambitions grâce au carburant plutôt qu'au transport lui-même, la CNT ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Un pari qui pourrait renforcer ses capacités financières, mais qui révèle aussi les difficultés persistantes d'un secteur qui peine encore à trouver son équilibre économique. Derrière la promesse de modernisation, certains y voient déjà une question de fond : pourquoi un réseau de transport public doit-il chercher son salut ailleurs que dans le transport ?
