La vie chère s’installe durablement au Gabon
Des prix en hausse, un pouvoir d’achat en chute libre, et des politiques publiques en échec
A u Gabon, les discours sur la lutte contre la vie chère se multiplient y compris les éloges relatives à la création de la Centrale d'achat du Gabon. Pourtant, dans les marchés et les commerces, les prix continuent de grimper. On vous explique !
Les dernières projections basées sur l’indice des prix à la consommation ne laissent guère place à l’optimisme. Le taux d’inflation devrait atteindre 3,4 % en moyenne en 2026 avant de se maintenir à 2,9 % en 2027. Une évolution préoccupante qui confirme une tendance déjà observée ces dernières années, avec une inflation de 2,47 % en 2025 et de 3,14 % en 2024.
Pour les ménages gabonais, ces chiffres ne sont pas de simples données économiques. Ils se traduisent par des dépenses toujours plus lourdes pour se nourrir, se loger, se déplacer ou encore scolariser les enfants. Pendant que les prix augmentent, les revenus peinent à suivre, réduisant chaque jour davantage le pouvoir d’achat des populations.
Mais que s’est-il réellement passé ? Depuis plusieurs années, les autorités promettent de s’attaquer à la vie chère. La création de la Centrale d’achat du Gabon devait notamment permettre de mieux contrôler les coûts d’approvisionnement et de faire baisser les prix pour les consommateurs. Mais sur le terrain, le constat est difficile à contester : les prix continuent leur ascension. Les promesses de soulagement tardent à produire des effets visibles et les ménages ont le sentiment que les mesures annoncées restent davantage perceptibles dans les discours que dans leur panier de courses.
Cette situation met en lumière les limites des politiques de régulation mises en œuvre jusqu'à présent. Le manque de contrôle efficace des circuits de distribution, l'opacité de certaines chaînes d'approvisionnement et la forte dépendance aux importations continuent d'alimenter la hausse des prix. Plus inquiétant encore, l'inflation semble révéler une absence de réponses structurelles aux problèmes de fond. Tant que la production locale restera insuffisante, que les mécanismes de concurrence demeureront faibles et que la dépendance extérieure persistera, les consommateurs resteront exposés aux fluctuations des marchés internationaux.
La question mérite donc d'être posée : à quoi sert une politique de lutte contre la vie chère lorsque les indicateurs démontrent année après année que le coût de la vie continue d'augmenter ? L'inflation qui frappe aujourd'hui le Gabon n'est plus un phénomène conjoncturel. Elle tend à devenir structurelle. Derrière les statistiques se cache une réalité que vivent quotidiennement les populations : celle d'un pouvoir d'achat qui s'effrite progressivement.
À force d'annonces sans résultats suffisamment perceptibles, le risque est grand de voir s'installer un sentiment de défiance. Car pour les consommateurs, la véritable mesure de l'efficacité des politiques publiques ne se lit pas dans les rapports économiques, mais devant les étals des marchés et dans le contenu du panier de la ménagère.
