Makokou : la ruée vers l’or éloigne les enfants des bancs de l’école
À Makokou, l’école semble perdre du terrain face à l’attrait de l’or. À l’école publique d'Ekata, 120 élèves sont officiellement inscrits, mais seulement huit fréquenteraient régulièrement les cours. Un constat alarmant qui révèle une réalité de plus en plus préoccupante dans plusieurs localités de l’Ogooué-Ivindo.
S elon les autorités provinciales, de nombreux jeunes préfèrent désormais rejoindre les sites d’orpaillage ou les activités forestières plutôt que de poursuivre leur scolarité.
Attirés par l’espoir de gains rapides, certains abandonnent les bancs de l’école avant même d’avoir achevé leur cycle primaire ou secondaire. Une situation qui fragilise considérablement les efforts engagés pour améliorer l’accès à l’éducation dans cette partie du pays.
Pour les observateurs, le phénomène dépasse la simple question de l’absentéisme scolaire. Il traduit un choix de société où l’argent immédiat semble prendre le dessus sur la formation et la préparation de l’avenir. Pourtant, si quelques-uns parviennent à tirer profit de l’exploitation artisanale de l’or, beaucoup se retrouvent exposés à la précarité, aux risques d’accidents et à un avenir professionnel incertain.
Face à cette réalité, les autorités locales appellent à une mobilisation collective. Car derrière chaque salle de classe vide se cache une génération qui risque de sacrifier son avenir pour une richesse aussi convoitée qu’éphémère. La véritable question est désormais de savoir si l’or de Makokou continuera à remplir les carrières minières au détriment des écoles.
