Woleu-Ntem : les populations réclament des routes, des hôpitaux et des emplois ; les élus distribuent des bassines, des seaux et quelques enveloppes. Le véritable message des populations est-il finalement édulcoré ?
Depuis plusieurs semaines, les élus de l'Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) multiplient les tournées de proximité à travers le Woleu-Ntem. Entre distributions de bassines, de seaux, de présents divers et parfois d'aides financières, les populations assistent à une succession d'opérations présentées comme des actions de solidarité et de remerciement.
À Mitzic comme à Oyem, les images se ressemblent : des dons remis aux populations, des discours de gratitude et des séances de communion avec les électeurs. Pourtant, derrière les sourires et les cérémonies, une question fondamentale se pose : est-ce réellement ce que les populations attendent de leurs représentants ?
Dans plusieurs localités du Woleu-Ntem, les préoccupations demeurent nombreuses. Les centres de santé manquent de médicaments, les infrastructures sanitaires sont vieillissantes, certains établissements scolaires nécessitent des réhabilitations, les routes restent dégradées et le chômage des jeunes continue de préoccuper de nombreuses familles.
Le rôle d'un député ou d'un responsable politique ne devrait-il pas être avant tout de porter ces préoccupations auprès des plus hautes autorités de l'État afin d'obtenir des solutions durables ?
Certes, offrir des présents à l'occasion de la Fête des mères ou lors d'une tournée politique peut être perçu comme un geste de générosité. Mais une bassine ne soigne pas un malade. Un seau ne crée pas un emploi. Une enveloppe ponctuelle ne remplace ni une route praticable, ni un hôpital équipé, ni une école rénovée.
L'exemple du futur marché de Ngouema à Oyem démontre pourtant que lorsque les préoccupations des populations sont portées avec efficacité auprès des décideurs, des réalisations concrètes peuvent voir le jour. Ce marché moderne répond à une demande exprimée depuis longtemps par les commerçantes et constitue un investissement durable susceptible d'améliorer leurs conditions de travail.
C'est précisément ce type d'actions structurantes que les populations attendent davantage de leurs élus : des projets capables de transformer durablement leur quotidien plutôt que des opérations ponctuelles dont l'impact reste limité dans le temps.
Les habitants du Woleu-Ntem n'ont pas seulement besoin de cadeaux. Ils ont surtout besoin d'infrastructures modernes, d'un meilleur accès aux soins, d'opportunités économiques pour la jeunesse, d'écoles performantes et de routes permettant de désenclaver les villages.
La véritable réussite d'un mandat ne se mesure pas au nombre de bassines distribuées ou aux cadeaux remis lors des cérémonies. Elle se mesure aux réalisations concrètes laissées à la disposition des populations une fois les discours terminés.
Car au final, les électeurs se souviennent rarement des présents reçus. En revanche, ils se souviennent longtemps des projets qui ont changé leur vie.
