Le CNEPER impose une carte professionnelle aux pasteurs pour assainir les Églises de réveil
Libreville - C’est une première au Gabon. Réunis en convention du 8 au 10 mai 2026 à Libreville, les membres du Conseil national des Églises pentecôtistes, évangéliques et de réveil (CNEPER) ont adopté une mesure forte : l’instauration d’une carte professionnelle annuelle obligatoire pour tous les pasteurs souhaitant exercer officiellement leur ministère.
U n outil d’identification et de contrôle : Concrètement, la carte professionnelle permettra d’identifier clairement les responsables religieux reconnus par le CNEPER. Seuls les pasteurs affiliés et répondant aux critères fixés par l’organisation pourront l’obtenir. Elle devra être renouvelée chaque année, après évaluation du respect des engagements éthiques et doctrinaux. Pour Gaspard Obiang, président du CNEPER, la ligne est claire : « n’est pas pasteur qui veut ». L’objectif est de mettre fin à l’improvisation et à l’autoproclamation qui caractérisent une partie du paysage des Églises de réveil.
Les 3 objectifs clés de la mesure : 1. Lutter contre les dérives et abus Faux pasteurs, escroqueries spirituelles, manipulations financières : les responsables du CNEPER veulent enrayer ce qu’ils qualifient de « commerce de la foi ». La carte devient un filtre pour écarter les prédicateurs non formés ou aux pratiques douteuses. 2. Professionnaliser le ministère pastoral En imposant des critères de formation, de moralité et de redevabilité, le CNEPER entend rehausser le niveau d’exigence. Un pasteur reconnu devra justifier d’un parcours théologique minimal et adhérer à une charte éthique commune. 3. Protéger les fidèles et encadrer les Églises La carte pourra être suspendue ou définitivement retirée en cas de manquement grave : abus de confiance, dérives sectaires, gestion opaque des offrandes. Un mécanisme de sanctions qui donne au CNEPER un réel pouvoir disciplinaire sur ses membres.
Quelles implications pour les Églises et les fidèles ? Pour les Églises de réveil affiliées, cette réforme implique une mise en conformité rapide. Les pasteurs sans carte ne pourront plus célébrer de mariages, de baptêmes ou ouvrir de nouveaux lieux de culte sous la bannière du CNEPER. Pour les fidèles, la carte devient un gage de légitimité. Ils pourront vérifier si leur pasteur est officiellement reconnu, limitant ainsi les risques de tomber entre les mains de prédicateurs autoproclamés.
Un soutien des autorités publiques : Les autorités gabonaises ont salué l’initiative. Dans un contexte où la multiplication des Églises de réveil s’accompagne parfois de scandales médiatisés, le gouvernement y voit un moyen de mieux structurer le paysage religieux et de prévenir les troubles à l’ordre public liés à certaines dérives.
Vers une régulation plus large ? Si la mesure ne concerne pour l’instant que les Églises membres du CNEPER, elle ouvre la voie à une régulation plus stricte du fait religieux au Gabon. D’autres confessions pourraient être amenées à adopter des dispositifs similaires. Le CNEPER prévoit de lancer la délivrance des premières cartes dès le mois de juillet 2026. Une commission spéciale sera chargée d’étudier les dossiers et de mener les enquêtes de moralité. En instaurant ce « permis d’exercer », le Gabon amorce un tournant : celui d’un ministère pastoral encadré, traçable et responsable.
