Crise hydrique à Libreville : L’État gabonais débloque 1,965 milliard FCFA pour des travaux d’urgence avec Suez
Libreville, 11 mai 2026 – Face à la crise hydrique persistante dans le Grand Libreville, le gouvernement gabonais a procédé le 11 mai 2026 au versement d’une première tranche de 1,965 milliard FCFA, soit environ 3 millions d’euros, à la filiale locale du groupe français Suez. L’opération, réalisée via le Trésor public et la BEAC, vise à financer un plan d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable de la capitale gabonaise.
À quoi servira ce financement ? Le décaissement annoncé est intégralement dédié à l’achat d’équipements prioritaires et à la réhabilitation des infrastructures hydrauliques les plus critiques. Trois axes d’intervention immédiate sont ciblés :
Réparation des fuites majeures : Colmatage des pertes d’eau sur les conduites stratégiques reliant Ntoum à Libreville, identifiées comme l’une des principales causes des coupures récurrentes. Modernisation des installations : Remplacement des équipements vétustes et réhabilitation des stations de production pour fiabiliser le réseau. Extension du réseau : Renforcement du maillage hydraulique dans le Grand Libreville, avec à terme 280 km de réseau à développer dans le cadre du programme PIAEPAL. Un partenariat signé dès 2025 pour une réponse structurelle.
Ce financement d’urgence s’inscrit dans la convention stratégique signée en avril 2025 entre la SEEG et Suez. L’objectif affiché : réduire durablement les interruptions chroniques d’eau qui pénalisent les ménages, les hôpitaux et les écoles de Libreville. Le versement du 11 mai constitue la première tranche d’un programme plus large destiné à honorer la promesse présidentielle d’un accès universel à l’eau potable.
Résultats attendus : limiter l’urgence, préparer l’avenir : À court terme, les autorités et la SEEG attendent une baisse significative des coupures d’eau grâce à la réparation des fuites sur l’axe Ntoum-Libreville, point noir du réseau actuel. À moyen terme, la modernisation des infrastructures et l’extension du réseau doivent permettre de sécuriser la distribution d’eau potable pour les quartiers du Grand Libreville les plus touchés par la pénurie.
L’annonce a été largement relayée par les médias locaux, qui y voient un « geste concret » face à une crise qui oblige encore certains habitants à collecter l’eau la nuit. Des voix s’élèvent toutefois sur les réseaux sociaux pour questionner l’adéquation du montant face à l’ampleur des besoins et réclamer des investissements plus structurels, comme une nouvelle station de traitement à Kango. Pour le gouvernement, ce premier décaissement marque le lancement opérationnel du partenariat SEEG-Suez et une étape vers la stabilisation du service d’eau dans la capitale.
