Un éléphanteau tué sur la route Mitzic-Oyem
La cohabitation homme-faune de plus en plus meurtrière au Gabon
O yem, 14 mai 2026 – Dans la nuit du 12 au 13 mai, un éléphanteau a été mortellement percuté par un camion Canter sur l’axe Mitzic-Oyem, dans le Woleu-Ntem. L’accident relance le débat sur la recrudescence du conflit homme-faune au Gabon et sur les risques routiers liés à la présence d’animaux sauvages.
Les faits : Le choc s’est produit en pleine nuit sur un tronçon forestier connu pour la traversée fréquente d’éléphants. L’éléphanteau n’a pas survécu à la collision. Le véhicule a subi des dégâts matériels, mais aucun bilan humain n’a été signalé. Les agents des Eaux et Forêts se sont rendus sur place pour constater l’incident et évacuer la dépouille.
Un conflit qui s’intensifie Ce drame n’est pas isolé. Depuis plusieurs années, le Gabon fait face à une multiplication des incidents impliquant la faune sauvage : 1. Accidents routiers : Les collisions avec des éléphants, des buffles ou des primates sont en hausse sur les axes Libreville-Franceville, Ndendé-Lebamba et Mitzic-Oyem. La vitesse, le manque de visibilité nocturne et l’absence de signalisation adaptée aggravent les risques. 2. Dévastation des plantations : Dans l’Ogooué-Ivindo, le Haut-Ogooué et le Woleu-Ntem, les éléphants détruisent régulièrement les cultures vivrières et de rente, provoquant des tensions avec les populations rurales. 3. Pertes humaines et animales : Chaque année, des villageois sont blessés ou tués lors de rencontres avec des pachydermes. En retour, des actes de braconnage ou d’abattage de représailles sont signalés. Plusieurs facteurs expliquent cette recrudescence : l’extension des zones agricoles, l’exploitation forestière, la fragmentation des habitats et la croissance de la population d’éléphants, estimée à plus de 95 000 têtes au Gabon.
Quelles réponses des autorités ? Face à l’urgence, plusieurs mesures préventives sont régulièrement évoquées par les experts et les ONG. Le gouvernement pourrait envisager : Sécurité routière : Installer des panneaux lumineux et des ralentisseurs dans les corridors fauniques. Imposer une limitation de vitesse stricte de nuit sur les axes à risque. Développer des passages à faune et des clôtures ciblées. Gestion des habitats : Créer des zones tampons entre les parcs nationaux et les villages. Accélérer la cartographie des couloirs de migration des éléphants pour mieux planifier les infrastructures. Indemnisation et accompagnement : Renforcer le mécanisme d’indemnisation des planteurs victimes de dévastation. Déployer des brigades mobiles pour effaroucher les animaux sans les blesser. Sensibilisation : Lancer des campagnes auprès des transporteurs et des populations sur les comportements à adopter. Former les chauffeurs poids lourds à la conduite en zone forestière. Surveillance : Équiper certains groupes d’éléphants de colliers GPS pour anticiper leurs déplacements et alerter les usagers de la route en temps réel.
Un équilibre à trouver : Avec 88% de couverture forestière et une politique de conservation reconnue, le Gabon est un sanctuaire pour la biodiversité. Mais cette richesse devient une source de conflit quand elle percute le développement des infrastructures et la sécurité des populations.
La mort de cet éléphanteau sur la route Mitzic-Oyem est le symptôme d’un problème plus large. Sans mesures fortes et coordonnées, les accidents se multiplieront, avec un coût humain, économique et écologique élevé. L’enjeu pour l’État est de concilier protection de la faune et sécurité des citoyens, avant que la cohabitation ne devienne impossible.
