Souveraineté alimentaire : Le Guyana, modèle agricole à suivre pour le Gabon
Comment un petit État sud-américain a conquis sa souveraineté alimentaire
S elon l'étude "Nature Food", Le Gabon importe 80% de sa nourriture. A contrario, le Guyana, lui, nourrit 100% de sa population basée sur la stratégie "25 by 2025" qui a transformé ce petit État sud-américain en machine de guerre agricole.
Longtemps discret sur la scène internationale, le Guyana s’impose désormais comme une référence en matière de souveraineté alimentaire.
Selon l’étude publiée par Nature Food, le Guyana est aujourd’hui capable de nourrir l’ensemble de sa population grâce à sa production locale, un résultat spectaculaire obtenu à la faveur d’une stratégie agricole ambitieuse et d’investissements soutenus. Au cœur de cette performance se trouve une volonté politique sans ambiguïté.
Depuis plusieurs années, les autorités guyanaises ont fait de l’agriculture un axe central de développement, en l’intégrant à la vision régionale « 25 by 2025 », destinée à réduire la facture alimentaire des Caraïbes. Cette orientation s’est traduite par des investissements massifs dans les infrastructures, la modernisation des exploitations, l’appui aux producteurs et la structuration des filières.
Le pays a également parié sur des mesures très concrètes : amélioration de l’accès au foncier, soutien technique aux petits agriculteurs, mécanisation, crédit agricole plus accessible et développement de la transformation locale. Dans la filière riz, l’introduction de nouvelles variétés à haut rendement et la sécurisation des marchés ont permis des niveaux de production historiques. D’autres secteurs, comme le sucre, la noix de coco et le lait, ont aussi bénéficié d’un effort de relance et de diversification.
Pour le Gabon, cette success story n’est pas seulement inspirante : elle est stratégique. Alors que le pays reste fortement dépendant des importations alimentaires pour 80% de ses importations, l’exemple guyanais démontre qu’une politique agricole cohérente, adossée à des objectifs clairs et à des outils opérationnels, peut produire des résultats rapides et durables.
Le défi gabonais n’est donc pas seulement de produire davantage, mais de bâtir un écosystème complet où le foncier, le financement, les infrastructures, la logistique et la transformation avancent ensemble.
En somme, le Guyana prouve qu’un petit État peut devenir une puissance agricole lorsqu’il traite l’alimentation comme une priorité nationale. Pour le Gabon, cette expérience pourrait servir de feuille de route afin de réduire durablement la dépendance aux importations et de bâtir une véritable souveraineté alimentaire.
