Libreville : le retour incontrôlé des marchés sauvages sur les espaces publics
À Libreville, les opérations de libération des espaces publics semblent n’avoir été qu’un répit de courte durée. Trottoirs, carrefours, abords des administrations et zones autrefois dégagées sont progressivement réinvestis par des vendeurs ambulants, transformant à nouveau la capitale en un vaste marché à ciel ouvert.
C e phénomène, loin d’être anodin, s’inscrit dans une dynamique persistante où le vide urbain est immédiatement comblé par une activité informelle en quête de survie économique. Pour de nombreux commerçants ambulants, chaque espace libre représente une opportunité commerciale.
Mais pour la collectivité, il s’agit d’un recul en matière d’aménagement urbain et de respect de l’ordre public. Les conséquences sont multiples et préoccupantes.
D’abord, la circulation piétonne est gravement entravée. Les trottoirs, censés garantir la sécurité des usagers, sont occupés par des étals improvisés, obligeant les passants à se déporter sur la chaussée, au risque d’accidents.
Ensuite, la fluidité du trafic routier est affectée par ces installations anarchiques qui débordent souvent sur les voies.
Sur le plan sanitaire, l’absence de contrôle et d’infrastructures adaptées pose également problème. La vente de produits alimentaires dans des conditions précaires expose les consommateurs à des risques sanitaires non négligeables.
À cela s’ajoute une gestion défaillante des déchets, contribuant à la dégradation de l’environnement urbain.
Au-delà des désagréments visibles, ce retour en force du commerce informel traduit surtout les limites des politiques publiques mises en œuvre.
Les opérations de déguerpissement, souvent spectaculaires, manquent de solutions alternatives durables pour les acteurs concernés. Faute d’accompagnement, les vendeurs reviennent inexorablement occuper les mêmes espaces.
Face à cette situation, une approche plus structurée s’impose. Il devient urgent pour les autorités municipales de concilier impératifs économiques et exigences d’ordre public, en proposant des marchés organisés, accessibles et viables.
Sans cela, Libreville continuera d’osciller entre déguerpissements ponctuels et réoccupations systématiques, au détriment de son développement urbain.
Le défi est désormais clair : restaurer durablement l’autorité de la puissance publique sur l’espace urbain tout en intégrant les réalités socio-économiques d’une population en quête de revenus.
