Ebomaf : Le personnel dénonce un climat social délétère
Dans le grand théâtre des « champions africains » du BTP, Ebomaf semble avoir trouvé au Gabon une scène idéale pour expérimenter une autre forme d’ingénierie : celle de la tension sociale permanente.
L e 4 mai 2026, des employés excédés ont décidé de sortir du silence, décrivant un quotidien professionnel qui tient moins du chantier moderne que d’un parcours d’endurance administrative et humaine.
Contrats flous, protections sociales approximatives et conditions de sécurité jugées aléatoires : pour une entreprise spécialisée dans les infrastructures, les fondations sociales semblent, elles, singulièrement fragiles.
Les travailleurs évoquent un « traumatisme » professionnel - un terme rarement utilisé à la légère dans le monde du BTP, où la rudesse est pourtant la norme.
Mais ici, ce ne sont pas seulement les contraintes physiques qui sont pointées du doigt, mais une gestion du personnel qui donnerait l’impression que le droit du travail est une suggestion facultative plutôt qu’un cadre légal.
Officiellement, Ebomaf incarne l’expertise régionale et la capacité africaine à réaliser de grands projets.
Sur le terrain gabonais, certains salariés décrivent plutôt une mécanique bien huilée… pour contourner les obligations sociales. Une performance qui, ironiquement, ne figure dans aucun cahier des charges.
Cette crise pose une question simple : peut-on durablement bâtir des routes, des ponts et des infrastructures en négligeant ceux qui les construisent ?
À en croire les témoignages, Ebomaf semble tester l’hypothèse. Reste à savoir combien de temps un tel modèle peut tenir avant que les fissures sociales ne deviennent, elles aussi, visibles à l’œil nu.
