Le Ministre de l'intérieur lance un rappel à l'ordre aux Élus locaux.
Les élus locaux doivent se conformer à la loi sur la transparence financière.
L e ministre de l’Intérieur gabonais, Adrien Nguema Mba, a lancé un rappel ferme adressé à l’ensemble des candidats aux élections législatives, locales et sénatoriales de 2025 en exigeant le respect strict des obligations de transparence financière.
Cette injonction s’inscrit dans le cadre d’un renforcement progressif du contrôle des comptes de campagne et vise à limiter financements occultes et recours abusifs aux ressources publiques ou privées. Le cadre juridique désormais plus strictCet appel s’appuie sur la loi organique n°001/2025 du 19 janvier 2025, qui encadre le financement de la vie politique et des campagnes au Gabon.
Les articles 109, 206, 368 et 369 imposent à chaque candidat de déposer un compte de campagne détaillé, comprenant l’ensemble des sources de financement et les justificatifs de toutes les dépenses engagées pendant la période de propagande électorale. Une exigence de transparence concrèteConcrètement, les candidats doivent soumettre leurs comptes à la Cour des comptes ou à la chambre provinciale des comptes territorialement compétente, dans un délai de 60 jours après la proclamation des résultats.
L’exigence porte autant sur la traçabilité des recettes (dons, autofinancement, ressources partisanes) que sur la vérifiabilité des dépenses (logistique, communication, transport, structures de campagne). Sanctions lourdes en cas de non‑respectLe ton ferme du ministre vise clairement à dissuader les réticences ou les retards dans le dépôt des comptes. � L’article 371 de la loi organique prévoit que la juridiction financière peut, en cas de refus de produire le compte de campagne, prononcer la perte du mandat obtenu et la suspension des droits politiques du contrevenant, ce qui constitue une sanction majeure pour un élu.
Une lecture politique de l’injonctionAu‑delà de la technique comptable, cette injonction peut être lue comme un signal destiné à crédibiliser le processus électoral auprès des partenaires internationaux et de l’opinion publique, après des années de contestation sur l’équité financière des campagnes. Elle renforce aussi le pouvoir de contrôle de l’État sur les partis et leaders, en transformant la transparence financière en condition de légitimité politique plutôt que simple formalisme administratif.
