À Mont-Bouët, des soupçons de détournement des recettes municipales jettent une ombre inquiétante : où passent réellement les taxes collectées ?
Des organisations de la société civile dénoncent un système opaque de collecte des taxes, mettant en cause la transparence et la gestion des fonds publics au cœur du plus grand marché de Libreville.
u marché de Mont-Bouët à Libreville, des organisations de la société civile dénoncent un système opaque de collecte des taxes, avec des paiements irréguliers et sans reçus. Ces pratiques pourraient entraîner un important manque à gagner pour la municipalité. Face à ces soupçons de détournement, une enquête est réclamée pour faire la lumière et rétablir la transparence.
Au cœur de Libreville, le marché de Mont-Bouët, véritable poumon économique populaire, se retrouve aujourd’hui au centre d’une polémique préoccupante. Des soupçons de détournement des recettes municipales émergent, portés par des organisations de la société civile qui dénoncent des pratiques opaques dans la collecte des taxes locales.
Selon le Syndicat des débrouillards du Gabon (SDG) et l’ONG Solidarité pour le développement du Gabon, un système parallèle de perception des taxes journalières serait en place. Des montants variables seraient exigés aux commerçants, souvent sans délivrance de reçus officiels, en dehors des circuits réglementaires. Dans un marché regroupant des milliers d’acteurs économiques, ces pratiques pourraient représenter un manque à gagner considérable pour la municipalité.
Au-delà des agents de collecte, c’est toute la chaîne de contrôle qui est pointée du doigt. Sur le terrain, plusieurs commerçants évoquent un climat de pression, d’obligation de paiement et d’absence totale de transparence. Ces accusations, si elles sont avérées, pourraient révéler un système structuré de détournement de fonds publics.
Face à la gravité des faits allégués, cette affaire interpelle directement les institutions chargées du contrôle des finances publiques et de la lutte contre la corruption. Une enquête approfondie de la Cour des Comptes ou de la Commission contre la corruption et l'enrichissement illicite apparaît indispensable pour établir les responsabilités et restaurer la confiance. Car au-delà du cas de Mont-Bouët, c’est toute la question de la gouvernance locale, de la transparence et de la gestion des ressources publiques qui est posée.
