Ogooué-Ivindo : 300 ménages dans le noir
À Makokou, chef-lieu de l’Ogooué-Ivindo, le quartier Ngouabi vit au rythme des générateurs depuis neuf jours.
C oupables : les grumiers d’une société forestière qui ont successivement arraché onze portées de câbles SEEG, privant 300 ménages d’électricité depuis le 23 mars.
L’incident démarre lundi vers 17h : un camion KHLL fait tomber les premières lignes de basse tension sur 700 mètres. Le lendemain, un porte-engins achève le travail. « On est plongés dans le noir depuis 10h, sans eau, sans frigo, sans rien », lâche Odette Nze Mendoume, porte-parole des riverains. Réaction immédiate : une barrière bloque la route des grumiers. « Pas de courant, pas de passage. »
Les techniciens SEEG confirment les dégâts, mais les populations ne lâcheront rien avant le rétablissement. Cette voie, vitale pour l’exploitation forestière, devient le théâtre d’un bras de fer entre opérateurs économiques et habitants à bout. Les autorités locales, silencieuses jusqu’ici, sont attendues pour dénouer une crise qui expose les fragilités d’un réseau déjà précaire face aux mastodontes du bois.
Dans l’Ogooué-Ivindo, cette coupure n’est pas qu’un désagrément : c’est un signal d’alarme. Quand la survie des ménages se heurte aux intérêts du bois, la sérénité se paie en kilowatts.
