SILAM : Libreville reprend la main sur le centre stratégique d’écoutes téléphoniques et de surveillance des messageries numériques.
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a décidé de mettre fin aux fonctions du Français Jean-Charles Solon, qui dirigeait depuis treize ans le Système stratégique d’écoute et d’interception des communications (Silam), une structure sensible rattachée à la présidence de la République. Selon des sources dignes de foi, cette décision marque une étape dans la réorganisation du dispositif de sécurité et de renseignement de l’État.
C réé dans les années 1980 sous l’impulsion de l’ancien président Omar Bongo, avec l’appui de la coopération française et de la Direction générale des services d'enquêtes (DGSE), le Silam constitue l’un des outils les plus confidentiels du pouvoir, chargé de l’interception des communications téléphoniques et électroniques. Jusqu’ici, cette structure hybride était dirigée par un expert technique français, situation héritée de l’histoire particulière de la coopération sécuritaire entre Paris et Libreville.
Pour la première fois, la direction du centre devrait revenir à un officier gabonais. Le général Bernard Gnamankala, récemment relevé de ses fonctions à la tête de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI), est pressenti pour en prendre les commandes. Considéré comme une figure respectée du renseignement, il fait partie des responsables sécuritaires ayant conservé la confiance du chef de l’État depuis la transition politique.
Cette transition répond à une nécessité opérationnelle : centraliser le contrôle des données sensibles au sein d'un cercle national. En s'appuyant sur des cadres locaux formés au cyber-renseignement, Libreville assure sa pleine maîtrise technique et réduit l'influence directe de conseillers extérieurs sur ses outils d'interception les plus critiques.
Il faut dire que cette décision s’inscrit dans la volonté du président Oligui Nguema de moderniser l’architecture du renseignement, tout en rééquilibrant les partenariats stratégiques du Gabon. Mais, sans rompre avec la France, Libreville entend de ce pas renforcer progressivement sa souveraineté dans un domaine hautement sensible.
