L’agence Moody’s dégrade la note d’Eramet après une année chaotique
Comilog, la vache à lait du Groupe Eramet, devra produire plus de manganèse à Maonda pour redresser la situation financière de sa maison mère.
L 'agence de notation Moody's a abaissé mardi la note de crédit à long terme du groupe minier français Eramet de B1 à B2, passant d'une perspective négative à stable. Cette décision sanctionne une performance opérationnelle décevante en 2025, marquée par une chute de 54% du résultat opérationnel ajusté à 372 millions d'euros et un endettement net grimpant à 1,9 milliard d'euros. Les prix des métaux en berne et les surcoûts logistiques ont amplifié cette dérive des indicateurs financiers.
Une année 2025 sous tension : Dès le premier semestre 2025, l'EBITDA d'Eramet s'est effondré à 71 millions d'euros contre 102 millions un an plus tôt, plombé par des volumes de vente en baisse, des prix des matières premières en recul et des coûts logistiques accrus au Gabon. Sur 12 mois à fin juin, l'EBITDA ajusté Moody's a reculé à 424 millions d'euros (496 millions en 2024), poussant le ratio d'endettement à 4,8x hors filiale SLN, au-delà du seuil B1 de 4,5x. Le cash-flow opérationnel est resté négatif, avec un free cash-flow ajusté à -728 millions d'euros, et la dette nette a bondi de 1,4 à 1,8 milliard d'euros.
Le rôle central de Comilog au Gabon : Comilog, filiale gabonaise d'Eramet et premier producteur mondial de manganèse via la mine de Moanda, génère la majeure partie de l'EBITDA manganèse du groupe. Les coûts logistiques élevés au Gabon, dans un pays noté Caa2 par Moody's, ont directement pesé sur la rentabilité en 2025, accentuant la vulnérabilité d'Eramet à cette exposition. Le gouvernement gabonais envisage par ailleurs d'interdire les exportations de minerai brut dès 2029, menaçant les flux de trésorerie de Comilog et donc du groupe.
Perspectives et mesures correctives : Malgré la dégradation, la perspective stable reflète un espoir de stabilisation, Eramet ayant annoncé des mesures pour renforcer son bilan après 2025. Les prévisions de l’année 2026 restent fragile face à une demande mondiale atone et des prix bas, mais le groupe mise sur une reprise des marchés clés. Cette note B2 limite l'accès au financement, soulignant l'urgence pour Eramet de diversifier au-delà du manganèse gabonais.
