Rentrée parlementaire des députés : Régis Onanga Ndiaye plaide pour un renforcement de la politique sociale.
LIBREVILLE - Sous les ors du Palais Léon-Mba, le discours n’était pas celui d’une simple formalité administrative. Ce lundi 2 mars, en ouvrant la première session ordinaire de l’année, le président de l’Assemblée nationale, Régis Onanga Ndiaye, a transformé la tribune en un miroir tendu à la nation, reflétant sans fard les maux qui rongent le quotidien des Gabonais.
D ’emblée, le ton est donné : la 14e législature place la question sociale au sommet de ses priorités. Mais au-delà des intentions, c’est un réquisitoire contre l’inacceptable que le numéro un de la Chambre basse a livré. Devant le Vice-Président Alexandre Barro Chambrier et les membres du gouvernement, il a listé les urgences avec une acuité qui force l’écoute : éducation en crise, vie chère, chômage, et cette "détresse" des étudiants à l’étranger, abandonnés à des mois d’arriérés de bourses.
Dans une manœuvre politique habile, Régis Onanga Ndiaye a justifié son récent dialogue avec les 46 syndicats de l’Éducation nationale. Loin d’être une défiance, il présente cette main tendue comme l’essence même du mandat parlementaire : représenter le peuple et peser sur l’évaluation des politiques publiques. Un cadre permanent de dialogue, promet-il, sera étendu à tous les secteurs en souffrance.
Mais c’est sur le terrain des services essentiels que le bât blesse le plus. Le président de l’Assemblée nationale n’a pas mâché ses mots face aux "coupures récurrentes" d’eau et d’électricité, qu’il qualifie de "paralysie économique" et de facteur de "dégradation profonde" de la vie citoyenne. Son appel au gouvernement est un ordre implicite : il faut des "mesures fortes et immédiates".
Enfin, tout en saluant l’avènement d’un cadre juridique pour réguler l’espace numérique, Régis Onanga Ndiaye a rappelé ses troupes à leur devoir suprême : le contrôle. Dans un État de droit, a-t-il martelé, la maturité démocratique ne se décrète pas, elle s’exerce. Un message clair, à l’heure où l’exécutif est attendu au tournant sur ses promesses sociales.
