Bras de fer au sommet du PDG : Ali Bongo déclare la guerre judiciaire.
Mise en demeure, accusations lourdes et ultimatum de 15 jours.
D epuis Paris, Ali Bongo Ondimba engage une offensive juridique contre des cadres du Parti démocratique gabonais (PDG). Dans une mise en demeure signifiée par huissier, l’ancien président accuse plusieurs responsables d’usurpation de fonction et de trahison politique. Il leur accorde quinze jours pour quitter la direction du parti, faute de quoi la justice sera saisie.
Le 20 février 2026, depuis Paris, Ali Bongo Ondimba a officiellement adressé une mise en demeure avant poursuites judiciaires. L’acte, signifié le 27 février au siège du PDG à Libreville, vise notamment Blaise Louembé, Angélique Ngoma ainsi que l’ensemble des membres du directoire contesté du parti. Le document prend la forme d’un véritable réquisitoire. L’ancien chef de l’État y dénonce ce qu’il qualifie de « prétendu directoire » et conteste la légitimité de ses dirigeants actuels.
Les griefs évoqués sont particulièrement lourds , l’usurpation de fonction, le sabotage électoral délibéré et la soumission au régime militaire en place. Ces accusations traduisent une rupture totale entre Ali Bongo et une partie de l’appareil dirigeant du PDG, formation politique qu’il a longtemps incarnée au sommet de l’État.
Ali Bongo accorde un délai strict de quinze jours aux dirigeants visés pour quitter volontairement la direction du parti. À défaut, une procédure judiciaire sera engagée. Ce délai marque un tournant : la crise interne quitte désormais le terrain politique pour s’installer sur le champ judiciaire.
Fondé en 1968, le Parti démocratique gabonais demeure le plus ancien parti politique du pays et l’un des symboles majeurs de la vie politique nationale. Ce nouvel épisode révèle une fracture profonde sur la question du leadership, de la légitimité et de l’orientation stratégique du parti dans le contexte politique actuel.
Ce qui n’était jusqu’ici perçu que comme une rivalité interne se transforme désormais en confrontation ouverte. Au-delà des personnes, c’est l’avenir, l’unité et l’âme du PDG qui se jouent dans cette bataille juridique sans précédent.
