Organisation du 43ème Conseil des Ministres du Cames à Libreville
La capitale gabonaise s'apprête à endosser, en mai prochain, un rôle de premier plan sur l'échiquier universitaire continental. À l'issue d'une réunion préparatoire à la Vice-présidence du gouvernement, les autorités ont officialisé l'organisation de la 43e session ordinaire du Conseil des ministres du CAMES. Une annonce qui place Libreville au centre des réflexions stratégiques pour l'avenir de l'enseignement supérieur en Afrique.
D errière la solennité des préparatifs, c'est un rendez-vous majeur qui se profile. La délégation du secrétariat général du CAMES, reçue par le Vice-président Hermann Immongault, est venue poser les jalons d'une rencontre qui réunira les représentants de 15 États membres. Au-delà des discussions académiques, ce conclave sera marqué par un temps fort symbolique : la remise des insignes de grand-croix de l'Ordre international des Palmes académiques au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Une distinction qui entend saluer l'engagement du Gabon en faveur de la recherche et de l'éducation, mais qui engage aussi le pays à être à la hauteur des défis à venir.
Car les travaux ne se limiteront pas aux honneurs protocolaires. Le rapport d'activités 2025 et les orientations stratégiques de l'institution seront passés au crible. Mais un point a particulièrement retenu l'attention lors des échanges préparatoires : la situation des universitaires gabonais évincés aux derniers concours du CAMES. Loin des discours convenus, les responsables de l'institution ont pointé un déficit de préparation, suggérant la mise en place d'une commission nationale de validation des dossiers sur le modèle burkinabè. Un aveu qui en dit long sur le fossé persistant entre les ambitions affichées et la réalité du terrain académique.
Dans ce contexte, l'intervention du Vice-président du gouvernement a résonné comme un plaidoyer pour une refonte des priorités. En insistant sur l'urgence pour l'Afrique de s'approprier les révolutions du numérique et de l'intelligence artificielle, Hermann Immongault a implicitement rappelé que la reconnaissance internationale ne saurait dispenser d'une exigence de résultats. La 43e session ordinaire du CAMES devra ainsi conjuguer deux ambitions : honorer le passé et préparer, concrètement, l'université africaine de demain.
À quelques semaines de l'ouverture des travaux, Libreville se trouve donc sous le feu des projecteurs, avec la lourde tâche de transformer cette vitrine en levier d'impulsion pour tout un continent.
