Réseaux sociaux au Gabon : Le PDG plaide pour un cadre permanent et une interdiction aux mineurs
L’ancien parti au pouvoir sort de son silence et pose un pavé dans la mare numérique. Ce jeudi 19 février, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) a officiellement appelé à une refonte en profondeur de la gouvernance des réseaux sociaux, suggérant rien de moins que l’instauration d’une régulation permanente, continue et adaptée, confiée à la Haute Autorité de la Communication (HAC).
L e PDG ne se contente pas de réagir à la controverse sur la légitimité des suspensions de plateformes. Il va plus loin, en diagnostiquant une faiblesse des dispositifs actuels. Pour le parti, la coupure générale des réseaux n’est que le symptôme d’un mal plus profond : l’incapacité des textes en vigueur à encadrer un écosystème numérique jugé dynamique et foisonnant.
La réaction du PDG est stratégique : il transforme une mesure d’urgence en débat de fond. L’objectif est clair : trouver un équilibre entre le respect de l’État de droit et la garantie des libertés publiques. Mais le parti ne s’arrête pas à ces grands principes. Il propose un virage sociétal radical en s’inspirant des législations australienne et française. La suggestion est explosive : envisager l’interdiction pure et simple des réseaux sociaux pour les enfants et les adolescents, ces catégories de la population considérées comme particulièrement vulnérables et influençables.
Au-delà de la sécurité, le PDG appelle à un sursaut citoyen. Il exhorte pouvoirs publics et internautes à œuvrer pour un usage à bon escient des plateformes, prônant un retour aux valeurs de dialogue, de tolérance et de paix dans les arènes numériques.
Toutefois, conscient des réalités économiques, le parti fait preuve de pragmatisme. Il alerte le gouvernement sur les risques collatéraux d’une régulation mal ajustée, alors que le Gabon mise sur la digitalisation de son administration et le développement d’une économie numérique naissante. Il s’agit de protéger les professionnels dont la survie dépend des échanges en ligne.
Une mise en garde entendue par l’exécutif. Le ministre de la Communication, Germain Biahodjow, a déjà pris les devants, réaffirmant l’engagement du gouvernement à mener une réforme juridique et opérationnelle pour sécuriser l’écosystème numérique national. Il a également promis des mesures d’atténuation rapides pour limiter l’impact économique des suspensions sur les acteurs du secteur. Le débat est désormais lancé, et il promet d’être aussi animé que la toile qu’il cherche à réguler.
Entre impératif sécuritaire et vitalité économique, le Gabon cherche son point d'équilibre. Le message du PDG est clair : la régulation n'est plus une option, c'est une urgence régalienne.
