Lutte contre la vie chère : Suspension de taxes pour six mois
Sur instruction du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement engage un effort budgétaire exceptionnel pour contenir la hausse des prix et protéger le pouvoir d’achat des ménages.
F ace à la pression inflationniste persistante, le gouvernement gabonais a annoncé la suspension, pour une durée de six mois, des droits et taxes applicables à plusieurs produits de première nécessité. Cette mesure concerne à la fois les denrées alimentaires de base et certains matériaux de construction, afin d’alléger le panier de la ménagère, de contenir les coûts dans le bâtiment et de prévenir les tensions sociales liées à la vie chère.
Sur instruction du Chef de l’État, le gouvernement a décidé de suspendre provisoirement plusieurs prélèvements douaniers et fiscaux sur une large gamme de produits de grande consommation. La décision, rendue publique le 15 février par le Ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la lutte contre la vie chère, vise à freiner l’érosion du pouvoir d’achat dans un contexte de hausse continue des prix.
La mesure couvre des produits essentiels du panier de la ménagère tels que les viandes, volailles, poissons, produits laitiers, conserves, riz, pâtes alimentaires, huiles et sucre. Elle s’étend également aux matériaux de construction, notamment le fer à béton, le ciment, le gravier et le sable. En intégrant ces intrants stratégiques, l’exécutif entend agir simultanément sur le coût de l’alimentation et sur celui du logement, deux postes majeurs de dépenses pour les ménages.
De plus, concrètement, l’arrêté supprime temporairement les droits et taxes à l’importation, la taxe sur la valeur ajoutée ainsi que la redevance de scanning appliquée aux produits concernés. Dans un pays où les recettes douanières constituent une ressource importante pour les finances publiques, cette suspension représente un manque à gagner significatif. Toutefois, le gouvernement insiste sur la nécessité de cet effort pour préserver la cohésion sociale. Les autorités appellent donc importateurs, grossistes et détaillants à répercuter intégralement la baisse fiscale sur les prix de vente. Par ailleurs, un numéro vert sera mis à disposition des consommateurs et des contrôles sont annoncés afin d’éviter toute spéculation.
En outre, si la suspension est prévue pour six mois, la question de l’après reste posée. Les autorités misent sur la centrale d’achat annoncée en 2025 comme relais structurel. Présentée comme un outil de rationalisation des importations et de négociation de prix compétitifs grâce aux achats groupés, cette centrale devrait contribuer à stabiliser durablement les coûts des produits de grande consommation.
A court terme, il s’agit de contenir la flambée des prix et d’apaiser les tensions sociales. Cependant, à moyen et long terme, le véritable enjeu demeure la transformation des circuits d’approvisionnement et la réduction de la dépendance aux importations. Ainsi, entre réponse conjoncturelle et ambition structurelle, l’exécutif tente de reprendre la main sur l’un des dossiers les plus sensibles de la conjoncture économique nationale ° la vie chère.
